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le photographe

Eugène Disderi


 

André Adolphe Eugène Disdéri
né le 28 mars 1819 à Paris
et mort dans la même ville
le 4 octobre 1889
est un photographe français, qui déposa le brevet de la photo-carte de visite en 1854. Il mit au point un appareil photographique multi-objectifs qui permettait de réaliser plusieurs poses simultanément sur un même négatif lors d'une même séance de prise de vue. Par là-même, il réduisait le coût de production de chaque photographie, qui pouvait donc devenir financièrement plus accessible. Il contribua ainsi à l'essor de la photographie et la rendit
plus populaire.
Source : Wikipedia

 

présenté par

Henri Peyre
Né en 1959
photographe
Beaux-Arts de Paris en peinture
webmaster de galerie-photo
ancien professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de Nîmes

www.photographie-peinture.com
www.nature-morte.fr

 

 

 

 

Eugène Adolphe Disdéri

 

Bref historique

Suite à une faillite commerciale sur Paris, Disdéri monte un premier commerce de photographie à Brest en 1846, qu'il laisse à sa femme en la quittant. Il est ensuite photographe à Nîmes et travaille le collodion, avant de revenir à Paris en 1854, date à laquelle il dépose un brevet pour une machine au collodion qui permet de réaliser 6 portraits d'un coup, des portraits de format "carte de visite". Le daguerréotype est ainsi définitivement lâché, et la concurrence avec.

Disdéri étend rapidement sa clientèle et devient photographe officiel de l'Exposition Universelle de 1855.

Si les portraits cartes assurent le fonds de roulement, Disdéri n'oublie jamais une véritable ambition artistique qui le verra toujours continuer à pratiquer la photographie de très grand format. Il mène toute sa vie grand train, gagne beaucoup et dépense autant, souvent plus à partir de 1874, moment où son activité décline. Il meurt ruiné à Paris en 1889.

La Bibliothèque nationale de France, le musée de l'Armée et la Réunion des Musées Nationaux, dont le musée d'Orsay, réussissent à acheter quelques années plus tard plus de la moitié de ses photographies.

 

 


Eugène Adolphe Disdéri
Une femme (vers 1870)

 

 

Analyse : Caractéristiques
de la photographie de Disdéri

 


Eugène Adolphe Disdéri
Femme posant  (vers 1870)

 

Les portraits d'atelier de Disdéri reflètent les préoccupations des peintres de son époque : il faut exprimer dans la représentation les conventions du beau qui passent par :

- Un éclairage du haut gauche.
- Un lieu de prise de vue débarrassé de tout détail inutile : chaque élément doit être signifiant.
- Des sujets pris en pied.
- Les sujets doivent être revêtus, comme le décor, de matériaux de belle qualité.
- La sévérité des compositions, comme l'attention accordée au contrôle des plis des étoffes, doit introduire une forte tension dans l'image. Le spectateur doit bien comprendre que tout est contrôlé et ressentir la présence d'un ordre supérieur même au sujet représenté, fût-il un homme très puissant. L'ordre à atteindre est celui de l'Eternité.
 

 


Eugène Adolphe Disdéri
Le général Camon sénateur (vers 1870)

 

 


Eugène Adolphe Disdéri
Le maréchal de Mac Mahon (vers 1870)

 

 


Eugène Adolphe Disdéri
Pierre Magne (vers 1860)

 

 


Eugène Adolphe Disdéri
Portrait d'homme (vers 1870)

 

 


Eugène Adolphe Disdéri
La princesse de Leon Boissy (vers 1865)

 

 


Eugène Adolphe Disdéri
L'Abbé Sane (vers 1860)

 

 

Cet article présente une sélection de quelques-uns des meilleurs portraits de Disdéri. Il faut souligner que, malgré l'intention programmatique, le succès n'est pas toujours au rendez-vous : c'est que le photographe doit composer aussi avec des sujets dont le visage peut parfois échapper à son contrôle... nous restons en effet dans le portrait de commande. Ainsi l'œil droit de ce militaire, peut-être à cause de quelque blessure, semble manifester une indépendance que l'organisation des portraits refuse généralement au personnage :

 


Eugène Adolphe Disdéri
Un militaire (vers 1870)

 

Ce petit désordre met a contrario en valeur le puissant ordre qui règne dans les tableaux photographiques du photographe...

Autre forme plus insidieuse de désordre, cette prise de vue au décor bizarrement incliné du politique Pierre-Jules Baroche :

 


Eugène Adolphe Disdéri
Le politique Pierre Jules Baroche (vers 1860)

 

Si on redresse mentalement l'image, on voit que la composition laissée droite n'aurait pas été très brillante. L'image se met à peser bien trop à gauche et le politique devient un homme ivre, accroché à la rambarde d'un bâtiment qui aurait pris de la gîte...

Redressée, l'image est bien plus flatteuse pour Jules Baroche. On a l'impression que c'est la force de sa volonté qui a contrarié la mise en scène normalement plus régulière de Disdéri : la main appliquée au décor l'a fait basculer...

 

On atteint avec cette dernière photographie les limites des possibilités artistiques de la photographie pour un Disdéri obligé de composer ses portraits en beaucoup moins de temps et avec bien moins de possibilités de repentir que les peintres de son époque. La solution nous apparaît aujourd'hui photographiquement artistique, en ce sens que le moyen employé est tout à fait en accord avec un but possible de ce que le photographe voulait exprimer... mais il n'en demeure pas moins que pour Disdéri à la recherche du silence et de l'ordre de l'Eternité, le résultat de ce dernier portrait n'a pas dû être bien convenable...

 

Postérité de Disdéri...

Formé dans l'atelier photographique de Disdéri, le photographe Pierre Petit (1831-1909) s'installe à son compte en 1858.
Photographe industrieux et entreprenant, il manifeste encore au début de sa carrière le goût de Disdéri pour une photographie artistique proche des canons de la peinture.

Le succès autant que la concurrence sans cesse croissante l'empêcheront toutefois assez rapidement de maintenir le même niveau d'image.


Pierre Petit - Couple d'hommes,
Pierre Petit fut le photographe officiel de l'Exposition universelle de Paris en 1867. Un des... 12.000 clichés réalisés pendant l'exposition.

.

 

dernière modification de cet article : 2016

 

 

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