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l'auteur
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Nolwenn Brod : buveurs de vent
Nolwenn, que représentent ces images ? Elles sont issues de trajets où je suis passée plusieurs fois, mais où je ne m'étais pas encore arrêtée. L'arbre cloisonne la frontalité du paysage ; la végétation en photographie, c’est un retour aux sources et une invitation au silence. Les buveurs de vent est le nom emprunté aux chevaux arabes Bédouins, dans la série on en retrouve trois.
Diriez-vous que les lieux que vous représentez sont pleins ou vides ? Les lieux sont entiers, ils ne peuvent pas mentir ; ce sont des paysages sourds et imprégnés de la trace de l’homme qui semble avoir disparu. Ils s'adaptent à un nouvel ordre, à une nouvelle identité, dans une forme de souffrance passagère qui attend le renouveau ; j’ai cherché la distance suffisante à l’appréciation et à la compréhension du lieu.
Si vous pouveiz hiérarchiser ce qui vous intéresse, dans vos sujets, dans quel ordre aurait-on l'absence, la mort, les traces... Je photographie à la tombée du jour, les ombres gardent une pointe de rouge. ce qui m'intéresse est la vibrance du lieu, la façon dont la lumière est retenue et les formes élémentaires de réalités naturelles. La mort est trop violente pour entrer ici ; je parlerais plutôt de “blessures“. La vision s’accommode et l’ordre des choses se bouscule sans vraiment de hiérarchie, je veux que tout se compose par relation et réciprocité.
On retrouve souvent dans vos photographies des temps nuageux au moment où juste une lumière pointe et des sujets lointains. Le spectateur est laissé seul devant le paysage, mais à un moment où il semble vouloir se passer quelque chose... vous aimez que la photographie soit contemplative ? Je me nourris essentiellement de peintures de paysages, de scènes et portraits réalistes ; récemment j'ai aimé le film d’Alexander Sokourov, "Mère et Fils", une œuvre contemplative. La lumière que je recherche est furtive, comme sortie d’une fissure prête à se refermer.
La notion de passage a-t-elle une importance pour vous ? La notion de passage est importante bien sûr ; il y a mon propre passage géographique sur les lieux ; il y a le passage de l’événement qui laisse des traces, celui de l’homme que je n’aurais pas croisé, la lumière en passage sur des éléments qui se transforment...
Diriez-vous que vous êtes croyante ? Je crois aux personnes proches qui ne sont plus, à mon père en particulier. Je peux me sentir guidée vers un lieu. Une fois conduite, j'y suis seule face aux choix à faire. Choix de rester ou de partir, choix d’appréhender l’espace, choix de revenir, ou simplement choix de ne pas photographier. Le sujet devient évident si je trouve qu'il a suffisamment de choses qui coïncident.
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dernière modification de cet article : 2011
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