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l'auteurArnault Joubin a le profil du photographe hédoniste. Il déteste la chambre en ce qu'elle tient à son sens le photographe enfermé et le coupe du monde et des autres hommes. Il est bien loin à ce titre de la tendance contemplative et spirituelle de la galerie du site. Mais son interview montre assez que la photographie lui est un art de vivre et tous les photographes du bonheur ont leur place dans ces colonnes ! Nous illustrons cet article où il nous dresse un tableau des caractères respectifs de l'Hasselblad et du Pentax 6x7 de 2 photographies très travaillées que nous avons trouvées sur son site. La rigueur de la construction et le soin porté aux matières sont tout à fait dans l'esprit de la photographie que nous défendons.
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Arnault JOUBIN
Galerie-Photo : vous présentez un book avec nombre de portraits d'acteurs et de personnages connus... vous êtes un photographe de "personnalités" ?
Je suis photographe de "gens"
voila ma vraie spécialisation. J'aime faire des rencontres, que se
soit d'une star, d'un trafiquant d'animaux, d'un polisseur de sabres
ou d'un maître tatoueur... bien sur on retient plus facilement un
portrait de personnalité (et le portrait de Woody Allen est plus
demandé dans la presse que celui du moine shinto fait pendant un
reportage au japon, pourtant c'était un superbe moment). Arnault, vous travaillez en argentique ou en numérique ? Je travaille en format 120 (avec hasselblad ou pentax 6/7)sur argentique. Les photographies ensuite sont scannées. Je ne travaille pas en numérique directement. Vous employez un Hasselblad et un Pentax, pourriez-vous nous parler de la personnalité de ces deux appareils ? J'ai acheté le pentax 6x7 avec pour "mission" de remplacer un 24x36 (F4) mais il s'avère à l'usage qu'il offre d'autres perspectives. Le pentax a des optiques plus contrastées que le Blad, ce qui donne un effet de "très net". Ce "très net" peut donner un résultat trop agressif sur certaines personnes, il faut en être conscient. Le Blad reste très moelleux - et piqué bien sur ; mais moins agressif, moins mordant. Je peux dans l'absolu choisir la qualité de rendu par rapport aux personnages photographiés. En studio j'utilise souvent les deux et je décide plus tard quel est le rendu le plus adéquat. Si j'ai des difficultés à cerner la personnalité de la personne dont je fais le portrait je n'utilise que le Blad, pour ne pas perdre de temps ; le Blad avec viseur et moteur reste plus simple d'utilisation. Plus discret aussi (bruit d’obturation). Je peux rester complice avec la personne. Suivant l'éclairage, je favorise plus l'un par rapport à l'autre, si l'éclairage est très dur, je reste en Blad. En fait le Blad est l'appareil principal en studio, et le Pentax vient apporter le petit plus. L'accident qui apporte une autre dimension. Il faut savoir, la syncro au 30ème apporte des risques importants de flou ou de décalage avec la lumière (ce qui peut aussi être un atout ! ) Pour le reportage, il n'y a que le Pentax ; il offre à la fois la facilité d'utilisation d'un 24 x 36 et la qualité d'un grand format. Le Blad, trop lent, n'est pas approprié. De plus le Pentax a une silhouette de 24*36 les gens y sont plus habitués et moins intrigués par rapport à l’encombrement d'un blad. Les deux sont des appareils très peu sophistiqués et d’une utilisation instantanée et familière. Le blad ressemblerait a une routière tranquille et sûre, tandis que le Pentax a le côté attachant des sportives, les deux bien sur roulant au diesel.
Outre le moyen format, travaillez-vous en 24x36 ou à la chambre ? Je n'utilise que le moyen format, plus du tout le 24x36. En revanche, je n’aime pas du tout le grand format... ce qui serait plus correct serait de dire que l'utilisation de la chambre n' est pas appropriée pour le genre de portrait que je fais. La chambre est trop rigide et pour moi se rapproche de la technique des "photos d'autrefois" (impossible de faire une mise au point pendant le shooting) même si certaines chambres ont un télémètre (qui n’est jamais calé). J'aime pouvoir choisir avec précision l'endroit où je fais la mise au point et où va être le flou (ça permet de rendre les émotions de la personnalité avec plus d'évidence). L'augmentation du format donne un autre flou et surtout une qualité de piqué jamais décevante. En 24x36 il arrive souvent que les contacts soient superbes et qu’au final le manque de précision "casse" l'ambiance de l'image. En 120 l’appareil par son encombrement est plus difficile a prendre en main, il est aussi moins rapide mais le portrait n'est pas une course de formule 1 et avec l'habitude, très rapidement, on arrive à rattraper cette petite gêne. Un gros appareil peut aussi intimider la personne photographiée, il faut donc beaucoup communiquer avec elle pour le lui faire oublier (et se faire oublier).
biographie Nominé à la Nuit des Jeunes CréateursLauréat du Concours Ilford 1985-86 Participe à la Biennale de la Photo de Montpellier Maître de stages sur le portrait au Rencontres Internationales de la Photographie (JIP) d’Arles Maître de conférence sur le portrait pour l’UCB à Arcachon Coordonnées Site internet : http://www.ajoubin.com/ dernière modification de cet article : 2001
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