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le photographe

Beate Gütschow

Née en 1970 à Mainz (Allemagne)
1993-2000 Ecole des Beaux-arts (peinture) Hamburg
 

 

A propos du livre
Beate Gütschow
LS / S

Aperture
84 pages
Dumont Buchverlag Gmbh (avril 2008)

 

 

l'auteur de l'article

Henri Peyre
Né en 1959
photographe
Beaux-Arts de Paris en peinture
webmaster de galerie-photo
ancien professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de Nîmes

www.photographie-peinture.com
www.nature-morte.fr

 

 


 

 

LS /S de Beate Gütschow - notes de lecture

par Henri Peyre

 

Beate Gütschow se définit comme une artiste venue à la photographie par accident. Elle n'est pas tant en effet photographe qu'installateur, travaillant dans Photoshop à la manière d'un peintre : elle conçoit une image et la réalise par ajustage bout à bout dans Photoshop de fragments de photographies patiemment stockés dans une banque d'image personnelle.

Le livre que nous présentons juxtapose 2 séries : la série LS, notre préférée, et la série S.
LS est l'abréviation de Landschaft (paysage en allemand). Les paysages sont en couleurs, c'est d'eux que nous parlons ici.
La série S renvoie à Stadt (ville en allemand), avec des images en noir et blanc.

Une photographie inspirée de la peinture du XVIIe


© Beate Gütschow - série LS

Dans ses montages constitués de photographies prises en argentique, scannées, rangées en banque d'images puis ressorties et fusionnées entre elles suivant une conception définie à l'avance du résultat voulu, Beate utilise de 30 à 100 éléments photographiques différents.

Mais le fond de l'image, sa conception, est directement issu de la peinture du XVIIe et du XVIIIe siècle. Beate reconnaît en Claude Lorrain, John Constable, Nicolas Poussin, Jacob van Ruisdael, Claude-Joseph Vernet et Thomas Gainsborough ses principaux inspirateurs.

- L'image, selon la stratégie définie au XVIIe, est divisée entre premier plan, plan moyen et lointains.
- Le spectateur est invité à parcourir l'image en y entrant par le premier plan.
- La vue est encadrée comme une scène de théâtre par des arbres et des bosquets.
- S'il y a des personnages, ils sont généralement placés dans les plans moyens. De dos, ils sont occupés, comme le spectateur auquel ils renvoient, à contempler le paysage. Généralement petits, ils donnent une échelle à la grandeur du paysage, qu'ils servent.
- L'arrière-plan présente une vue à l'infini ou au moins très lointaine.
- La lumière éclaire le plus souvent de côté, définissant des alternances de plans lumineux et de plans plus sombres.


© Beate Gütschow - série LS

Beate Gütschow : photographe ou peintre ?

Le résultat tente d'être le plus photographique possible :

Beate prend ses fichiers en argentique traditionnel, déclare aimer le grain de l'image argentique.

Par ailleurs elle présente ses images
- brutes de tirage, avec les marges blanches du papier,
- non encadrées,
- en C-print ou en lightjet, c'est-à-dire que le résultat final est sous la forme de tirage argentique traditionnel sans pixel visible.

Mais toutes ces observations n'empêchent pas que le travail fait est probablement plus proche de celui du peintre :

Une conception de l'image préside à sa fabrication à partir d'un fichier Photoshop absolument vide. Comme dans la peinture les éléments constituants l'image vont être rapportés progressivement pour constituer le résultat final. On ne parle plus là d'abstraire par cadrage à la fabrication de la photographie.


© Beate Gütschow - série LS

Une méditation sur la réalité et la représentation

Beate Gütschow reconnait placer les concepts avant le problème de l'utilisation du média. Peu importe qu'on soit dans la photographie ou la peinture. Les questions qui l'intéressent sont, d'après elle :
- Qu'est-ce qu'une image ?
- Est-ce qu'une image peut représenter quelque chose ?
- Quelle est la différence entre la représentation et la réalité ?

En  reprenant la grande tradition picturale des paysages idylliques et du sublime et en l'opposant à la technique photographique, l'auteur montre surtout à quel point la tradition du medium photographique est encore fragile par rapport à l'acquis intellectuel des années de peinture ; nous ne doutons pas que les spectateurs contemporains, comme ceux du XVIIe, seront avant tout charmés par les visions de plénitude proposées par Beate Gütschow... et qu'ils risquent fort d'en oublier tout questionnement sur la nature du medium, de la réalité et de la représentation !

 

Très bon livre donc, en anglais :

Beate Gütschow
LS / S

Aperture
84 pages
Dumont Buchverlag Gmbh (avril 2008)

 

 

   

dernière modification de cet article : 2010

 

 

 

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