
le photographe
Né à Hartford, dans le Connecticut, en
1953, diCorcia étudie la photographie à l'université d'Hartford au
début des années 1970. Il complètera ses études à la School of
Moseum of Fine Arts de Boston dont il est diplômé en 1975. Il est
diplômé de l'Université de Yale en 1979.
Ayant abordé les arts à l'époque du conceptualisme triomphant,
diCorcia est tôt convaincu que l'attente du spectateur fait partie
intégrante de l'oeuvre d'art, surtout lorsqu'elle est déçue, puisque
l'attente peut alors mener au mystère. Les oeuvres présentées
témoignent de la virtuosité de diCorcia à préparer de véritables
pièges à émotion pour le spectateur.
Nous recommandons à l'achat le superbe livre
dont ont été extraites ces images :
Philip-Lorca
diCorcia
The Museum of Modern Art,
New York
essai de Peter Galassi (en anglais)
80 pages, 55 photographies
Distribué en Europe par
Thames & Hudson, London (1996)
l'auteur de l'article
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Henri Peyre
Né en 1959
photographe
webmaster de
galerie-photo
professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de
Nîmes de 2002 à 2005
Formation : ingénieur IBM
et ancien élève des Beaux-Arts de Paris
Phonem
28 rue de la Madeleine
30000 Nimes
henri.peyre@(ntispam)phonem.fr

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Philip-Lorca diCorcia
par Henri Peyre

Alice - 1988 ©
Philip Lorca diCorcia met en place
vers 1978 ce qui deviendra le style pour lequel il est aujourd'hui
connu. Ses images présentent certaines caractéristiques précises : -
les sujets sont ordinaires
- la photographie est prise sur pied avec un éclairage léché
quasi publicitaire : de nombreuses prises de vues sont faites et le
travail se construit à partir de la réalisation de Polaroids qui vont permettent de monter progressivement l'image
par variation des lumières
- l'image vise à la transformation de la réalité banale en un
univers énigmatique
- l'absence d'explications dans l'image est ressentie d'autant plus
fortement que la description elle-même est minutieuse

Brian - 1988 ©
Philip Lorca diCorcia n'achève vraiment qu'une douzaine de
photographies
par an. Ses images pourraient avoir
l'air de scènes tirées d'un moment de cinéma où l'absence
d'avant et d'après laisserait le spectateur inventer des
interprétations possibles, comme chez Jeff
Wall.
Mais en réalité les moments où les personnages sont contemplatifs
ouvrent chez diCorcia à des profondeurs bien plus vertigineuses,
comme si malgré la narration et sa puissance d'entraînement
possible les images avaient été définitivement arrêtées par une
autre réalité plus profonde entrevue par le personnage.
Autrement dit chez Jeff Wall on savoure la narration interrompue.
Chez diCorcia on perçoit que la profondeur de ce que le personnage
a entrevu empêche désormais toute narration.

Bruno - 1993 © Le style de diCorcia se situe à la
charnière même entre la duplicité des effets de l'image
publicitaire et la grande tradition d'une photographie documentaire
qui se veut proche de l'authenticité des perceptions individuelles
et se propose d'explorer le monde. La contemplation y
est suggérée par les stigmates, sur le sujet, d'un état
contemplatif visionnaire.
dernière
modification de cet article : 2005
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