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l'auteur

Edward S Curtis

Né le 16 février 1868 à Whitewater (Wisconsin), mort en 1952 (à 84 ans) à Whittier (Californie), États-Unis, est d'origine relativement modeste. Curtis, photographe débutant par goût de l'appareil photo, devra un premier contrat de photographe sur une expédition scientifique en Alaska au hasard d'une rencontre. Dorénavant pris de passion pour les peuples anciens du continent nord-américain, il consacre pas loin de trente ans de sa vie à leur étude. Son grand œuvre est The North American Indian recueil de textes et d'images entièrement réalisé par lui-même grâce au financement de quelques mécènes. 

 

 

 

The North American Indian:
The Complete Portfolios
par Edward Sheriff Curtis
(Anglais)


Les Indiens d'Amérique du Nord : Les portfolios complets
Le même chez Taschen, en VF
mais souvent moins disponible

 

 Edward S. Curtis
par Hans Christian Adams

 

 L'attrapeur d'ombres : La vie épique d'Edward S. Curtis
par Timothy Egan

 

 Edward S Curtis : One Hundred Masterworks
par Christopher Cardozo et Louise Erdrich
(Anglais)

 


Edward S. Curtis
(Anglais)
de Don Gulbrandsen

 

 

 

l'auteur de l'article

  

Henri Peyre
Né en 1959
photographe
Beaux-Arts de Paris en peinture
webmaster de galerie-photo
ancien professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de Nîmes

www.photographie-peinture.com
www.nature-morte.fr

 


 

 

 

 

Edward Sheriff Curtis
et les objets dans
The North American Indian

par Henri Peyre

Edward Sheriff Curtis publie The North American Indian (1) entre 1907 et 1930 avec le désir documentaire d'enregistrer la culture traditionnelle indienne en train de disparaître. L'entreprise comprend 20 volumes d'un texte narratif accompagné d'images reproduites en photogravure. Chaque volume est suivi d'un portfolio de grandes images photogravées.

Cet article s'abreuve aux 2 sources directes et abondantes que nous avons aujourd'hui sur Curtis (4), qui permettent toutes les deux un accès direct à la totalité de l'œuvre. Notre article part d'une analyse frontale des images. Il discute assez peu de la véracité des représentations faites par Curtis, comme l'article, par exemple, de Mathilde Arrivé, Par-delà le vrai et le faux ? Les authenticités factices d’Edward S. Curtis et leur réception(5) le propose : très intéressant concernant la réception de l'œuvre de Curtis, l'article de Mathilde Arrivé, comme la plupart des contributions antérieures, présente l'œuvre du photographe comme si elle était monolithique. Or elle est loin de l'être. La discussion permanente sur la véracité du travail du photographe, et de son vivant même, a incité Curtis à une modification continue de son approche. La thèse de cet article est qu'il en a vécu une sorte d'oppression face à laquelle la composition, et la composition d'objets en particulier, a été pour lui une voie de respiration artistique. Comme le souligne Mathilde Arrivé, "On observe (...) souvent une difficulté à aborder les photographies en tant qu’images, et une réticence face à leurs coordonnées formelles et rhétoriques propres". Puisse cet article redonner un peu la parole à des images qu'on a beaucoup utilisées mais peu regardées.

La tentation primitive de la belle image

Le premier volume de la série, fait pour convaincre, est plein de très belles images, dont certaines hésitent entre peinture et photographie. Le témoignage importe souvent moins que l'effet. Un grand nombre de personnages se détachent en silhouette sur un fond lumineux et dramatique. On cherche moins l'information qu'on ne donne une interprétation glorifiée d'un monde menacé.


A Jicarilla feast march, Curtis, Edward S. 1868-1952 - 1 photogravure : à l'encre brune ; 13.7 x 18.6 cm, 1904. [Source]

 

Le tirage parfois nettement pictorialiste prouve assez que l'effet est recherché plus que l'authenticité. Cela donne des images superbes, comme celle-ci :


A drink in the desert - Navaho, Curtis, Edward S. 1868-1952 -  photogravure à l'encre brune ; 18.3 x 13.7 cm, 1904 [source]

 

Dans cet autre cliché, force est de constater que la quantité d'information apportée au spectateur est proche de zéro. Mais là n'est pas le problème, l'image est superbe du point de vue de son atmosphère.


Evening in the desert - Navaho, Curtis, Edward S. 1868-1952 -photogravure à l'encre brune ; 13.5 x 18.6 cm, 1904 [source]

 

2 autres images encore, pour tenter de convaincre que l'œil de Curtis doit beaucoup à la peinture : d'abord ce cavalier lui aussi parfaitement illisible, mais tout en simplicité et en puissance...


Scout in winter - Apsaroke - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 46 x 34 cm,1908  [source]

 

Ensuite un portrait qui aurait intéressé Rembrandt :


Bear's Teeth - Arikara - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 45 x 30 cm, 1908 [source]

 

Curtis, par ailleurs, ne fait pas que chercher la bonne atmosphère ; il est également un bon compositeur d'images. En témoignent les deux photographies suivantes :


Mission San Xavier Del Bac, Curtis, Edward S. 1868-1952 -photogravure à l'encre brune ; 13.7 x 18.6 cm, 1907  [source]

 


A burial platform - Apsaroke - Curtis, Edward S. 1868-1952 - photogravure à l'encre brune ; 13.8 x 18.5 cm, 1908 [source]

Un ensemble inégal

Le parcours de l'ensemble des volumes de Curtis laisse pourtant une impression mitigée. De très belles réalisations photographiques ponctuent un premier volume soigneusement préparé, mais le deuxième volume est déjà beaucoup plus faible. On se dit que Curtis a trouvé très vite un filon documentaire, dont l'exigence informative commence à l'emporter sur la qualité somptueuse d'images moins riches en information et probablement plus difficile à produire à un tel niveau.

La volonté documentaire s'affiche également dans la retranscription au sein du texte d'airs musicaux indiens, idée reprise et amplifiée assez rapidement au cours des volumes suivants.

Le lecteur se fatigue assez vite des portraits purement documentaires, pris de pleine face, qui se généralisent dès le deuxième volume et finissent par étouffer les représentations plus éthérées de la vie indienne... comme celui-ci, par exemple.


A Yuma - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 18.7 x 13.7 cm, 23 x 17 cm,1907  [source]

 

La consigne manifestement donnée au modèle, interdiction de montrer la moindre expression, comme le cadrage, simpliste, ennuie par sa répétition supposée manifester une forme d'objectivité parfaitement contradictoire avec l'émotion développée dans le premier volume.

La dimension des index croit progressivement. L'œuvre érudite écrite commence à l'emporter sur l'impulsion artistique donnée par les images. La volonté de lisibilité et d'inventaire gagne sur la glorification à l'œuvre dans le premier volume. Les figures nettes et les costumes bien décrits l'emportent sur les silhouettes illisibles et les poses hiératiques.

Au volume 5, l'index fait déjà plus d'une vingtaine de pages tandis que les partitions abondent. Heureusement, un effort visible sur l'anoblissement des portraits tente un retour. Cet effort est continué avec le sixième volume. Les grandes planches finales concentrent les portraits les plus altiers et quelques images mythiques (comme l'illustration suivante) tandis que les photographies dans le texte sont visiblement plus médiocres.


Embarking - Kutenai - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 36 x 44 cm, 1910  [source]

 

Le volume 10 est l'exemple complètement abouti de cette stratégie. Un sommet est atteint. Dans le texte de 366 pages - brutale inflation par rapport au n°9 -  le document scientifique et la lisibilité règnent. L'index des noms cités fait... 26 pages ! Dans le portfolio du même volume, on tâche de regrouper les photographies les meilleures, mais les images purement artistiques, universelles et sans référence nettes au sujet, ont en fait quasiment disparu. L'ethnographie semble avoir gagné.


Nimkish village at Alert Bay - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 45 x 33 cm, 1914 [source]
Une photo purement ethnographique.

 

Au-delà, et toujours plus contradictoirement au hiératisme des débuts, on commence à trouver de plus en plus de photographies de scènes d'action. Le flou s'invite dans les images au sein du texte de Curtis, comme si le photographe actait de l'opposition entre le hiératisme et l'aspect ethnographique, et prolongeait les 2 voies d'illustration séparément. Dans le portfolio 13, on trouve par exemple une photographie de pêcheur dans une action très ordinaire, avec du flou, un sujet pris de haut par le photographe, une lumière banale... Tout le contraire de la démonstration faite dans le premier volume de la série.


Smelt fisher - Trinidad Yurok - Curtis, Edward S. 1868-1952
Photogravure à l'encre brune ; 45 x 35 cm, 1923 [source]

 

Le hiératisme est cette fois encore plus fortement menacé.

Dans le même volume, les portraits qui installent les indiens dans l'éternité se font rare. En voici un :


Smoky day at the Sugar Bowl - Hupa - Curtis, Edward S. 1868-1952
 photogravure à l'encre brune ; 45 x 34 cm, 1923 [source]

 

Quand ils existent, comme celui-ci, on note la volonté du photographe de montrer aussi à la fois les traits et la totalité des détails du paysage, qu'il réussit à inscrire ici dans une très belle composition picturale.

Cette volonté de lisibilité totale était absente du premier volume dont on glisse ici une image en rappel :


Storm - Apache - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 35 x 44 cm, 1906  [source]

 

Volume 14, un tournant : l'objet comme refuge du hiératisme artistique

Si l'expressivité artistique a diminué, si le romantisme a cédé face à la volonté de description, Curtis semble se rattraper sur un type tout particulier de photographie : les objets viennent envahir le volume 14. Et si on trouve quelques vues où les objets sont posés sans soin, on trouve le plus souvent le souci d'une composition rigoureuse, qui semble le moyen artistique trouvé pour compenser la perte de l'expressivité photographique. L'ordre de l'extérieur imposé aux objets est un substitut à l'expression qu'on ne peut plus de l'extérieur imposer aux personnages. Ils sont trop respectés à présent pour qu'on puisse encore les réduire à ces silhouettes creuses soumises au fantasme de l'expression personnelle.


Navaho still life - photogravure à l'encre brune ; 11.7 x 19.5 cm, 1907
[source]

 

Le volume 14 apparaît ainsi important pour ce qui nous occupe dans cet article : la place des objets dans la photographie de Curtis. On compte en effet dans ce volume plus d'une vingtaine de photographies d'objets, la plupart réellement composées à la façon de la nature morte (présence d'un fond, éclairage classique, structuration d'une composition), certaines d'entre elles ayant même l'honneur d'une planche de portfolio.

Le photographe semble trouver au travers des objets un moyen de réaliser une synthèse parfaite entre hiératisme de l'expression et documentation, les personnages ayant fini par être considérés, probablement à force d'être fréquentés, comme plus vivants qu'on ne les avait pris au début, puisqu'on était tout d'abord tellement persuadés de leur disparition qu'un peu vite on les avait réduits à des fantômes.

S'il faut du flou pour témoigner de l'agitation des personnages désormais rendus à la vie, les objets eux, acceptent l'immobilité de ce qui est déjà mort et n'en témoignent pas moins. Une composition sévère ne les tuera pas, eux qui ne sont pas vivants. La puissance artistique de Curtis peut donc s'y appliquer en toute bonne conscience, ce qui explique le brutal intérêt que le photographe leur témoigne à présent.

La monumentalité nouvelle des objets fait reculer des hommes plus assez hiératiques jusque dans les planches de fin de texte. Dans les mêmes planches, les hommes sont plus actifs, plus humains, les portraits sont simplifiés et les personnages aux visages le plus souvent hachés par le cadre ne ressemblent plus à des êtres mythiques. La lumière est plus simple. La construction des objets est montée sur le regret de la disparition des idoles.

Le volume 15 ne cesse de confirmer le diagnostic : effacement de l'homme et importance toujours croissante de l'objet dans des natures mortes toujours plus solides. Importance et autonomisation du paysage avec un souci toujours plus marqué pour les constructions apparentes, les deux se rejoignant dans l'extraordinaire planche 533 du portfolio 15.


Navaho still life - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 11.7 x 19.5 cm,1907  [source]
planche n°533 du portfolio 15

 

A partir du volume 16 : recul des objets

Le volume 16 est, sur le plan de l'objet, nettement en retrait.
Y a-t-il eu quelque intervention extérieure ? Le photographe a-t-il finalement compris que la nature morte intéressait moins le public que l'humain ? En tous cas la part de l'objet est nettement à la baisse.

Le recul des objets se confirme avec le volume 17. L'habitat, forme intéressante de composition, y retient un peu le regard de Curtis. Il y a quelques photographies d'objets mais Curtis met maintenant moins en scène. On constate finalement une disparition assez accomplie de tout hiératisme.


Terraced houses of Zuni - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 35 x 44 cm, 1903 [source]

 

Le volume 18 offre surtout des personnages, sans guère de figures hautaines comme on en trouvait tant dans les premiers volumes, tandis que le volume 19 ne varie pas. Quasiment plus aucune expression de noblesse ; de plus en plus de scènes rituels de groupe. Il semble que Curtis n'ait plus la foi : il n'y a plus de projection de constructions personnelles sur les scènes dont il témoigne désormais d'une façon attentive peut-être, mais morne et en s'impliquant bien peu. Les personnages sont vivants, en témoigne le volume 20 où les représentations d'action n'ont jamais été aussi nombreuses. Curtis est proche des personnages qu'il montre, il les aime. Mais en perdant la préconception du regard, qui évidemment ne faisait pas bon ménage avec l'objectivité supposée de l'ethnologue, il a perdu l'art.

Les compositions d'objets chez Curtis

Voici quelques compositions d'objets qu'on trouve ici et là chez Curtis. Elles voisinent parfois avec des images d'objets simplement posés côte à côte de façon complètement neutre. Mais ces dernières photographies sont minoritaires alors même que le propos ethnographique de Curtis aurait dû les avoir privilégiées.

Au volume 14 ces compositions débarquent en force. Pour toutes on peut parler de compositions sévères et travaillées. Pour certaines on peut même employer le terme de natures mortes, à partir du moment où le fond est effacé au profit de l'objet de premier plan. Pour notre définition de la nature morte, voir cet article sur le même site.

Nous avons montré plus haut comment sont apparues et se sont fortifiées ces photographies d'objets, en quoi elles ont finalement constitué le précipité de la vision artistique du photographe Edward Curtis, que son objectif ethnographique privait peu à peu de la possibilité de son art.

C'est de cette façon qu'il faut les regarder, comme l'expression la plus libre d'un homme qui ne pouvait plus exprimer ailleurs le potentiel organisateur d'un regard cultivé et construit, parce qu'il s'était mis à trop respecter les hommes qu'il avait entrepris de connaître, et que la peur de ne pas se montrer assez ethnologue empêchait également toute projection personnelle. Elles prennent alors tout leur sens et déploient sur l'âme de Curtis leur profondeur introspective, plaidant comme les toutes premières photos d'indiens du grand œuvre de Curtis pour une nature rustre, puissante, pleine de matière, et à la simplicité universelle.

 


Papago kitchen, Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 13.5 x 18.5 cm, 1907  [source]

 

 


Medicine-bags - Piegan - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 13.7 x 18.7 cm ,1910  [source]

 

 


Puget Sound baskets - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 36 x 44 cm, 1912 [source]

 

 


Makah basketry - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure àl'encre brune ; 13.9 x 18.9 cm,1915  [source]

 

 


Household utensils - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 14 x 18.7 cm, 1900  [source]

 

 

Ces constructions d'objets sont à rapprocher de certaines photographies de constructions de maisons. On sent que le même regard est à l'œuvre, un regard tourné vers soi, comme le regard de Cézanne, vers l'amour d'une construction intérieure, qui précède entièrement un sujet extérieur devenu sa simple illustration.


East side of Walpi - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à encre brune ; 35 x 44 cm, 1921  [source]

 

 


Hupa baskets - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 14 x 19 cm,1923  [source]

 

 


Hupa purses and money - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 14 x 18.9 cm, 1923  [source]

 

 


Hupa basket and purses - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 13.9 x 18.6 cm, 1923  [source]

 

 


Elk-horn spoons - Tolowa - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 14 x 19 cm, 1923 [source]

 

 


Pomo baskets and magnesite beads - Curtis, Edward S. 1868-1952
 photogravure à l'encre brune ; 14 x 18.9 cm, 1924  [source]

 

 


Cradle-basket - Chukchantsi Yokuts - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 14 x 19 cm, 1924 [source]

 

 


The hunting basket , Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 14 x 19 cm, 1924  [source]

 

 


Yokuts kitchen utensils and milling-stone - Curtis, Edward S. 1868-1952 , photogravure à l'encre brune ; 14 x 19 cm, 1924  [source]

 

 


Rattlesnake design in Yokuts basketry - Curtis, Edward S. 1868-1952 photogravure à l'encre brune ; 14 x 19 cm, 1924  [source]

 

 


Baskets in the painted cave - Yokuts - Curtis, Edward S. 1868-1952
Photogravure à l'encre brune; 19 x 14 cm , 1924  [source]

 

 


Pomo seed-gathering utensils - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 35 x 44 cm, 1924 [source]

 

 


Pomo baskets, mortar, and pestle - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 35 x 44 cm, 1924  [source]

 

 


Sandstone vessels from Santa Catalina Island - Curtis, Edward S. 1868-1952 - photogravure à l'encre brune ; 14 x 18.9 cm,1924  [source]

 

 


Southern Shoshonean pottery -
photogravure à l'encre brune ; 14 x 19 cm, 1924  [source]

 

 


Ancient shore of Salton Sea - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 14 x 19 cm, 1924  [source]

 

 


Mono basketry - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 14 x 18.9 cm, 1924  [source]

 

 


Paviotso basketry - Curtis, Edward S. 1868-1952
Photogravure à l'encre brune ; 14.1 x 18.6 cm, 1924  [source]

 

 


Washo burden-basket and trinket-basket - photogravure à l'encre brune ; 14 x 19 cm, 1924 [source]

 

 


Washo baskets - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 35 x 44 cm, 1924 [source]

 

 


Cochiti and Sia pottery - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 35 x 43 cm, 1925 [source]

 

 

On retrouve dans ces photographies complètement intérieures par l'exigence de la construction une forme de nécessité parfois également perceptible dans certaines images comme cette extravagante scène du portfolio 16, où toute action semble se terminer pour toujours, ou devoir infiniment recommencer dans un lieu où le temps n'existe plus. Comme dans toute nature morte parfaitement construite, la place de chacun des éléments semble obéir à un ordre souverain qui échappe par son arbitraire à la scène représentée.


At the old well of Acoma - Curtis, Edward S. 1868-1952 - photogravure à l'encre brune ; 36 x 40 cm, 1904 [source]
(portfolio 16) : une des rares images hiératiques du volume, vue prise dans une citerne indienne

 

 

Ainsi par la construction de ses objets le malheureux Edward Sheriff Curtis échappe-t-il au piège ethnographique qui, en se refermant sur son art, a dévoré ses possibilités d'expression personnelle. C'est par la petite musique du placement de quelques ustensiles, où il concentre toute une force créatrice bridée par un projet trop grand pour lui, qu'il exprime désormais le meilleur de son art. Un art simple, construit et solide, les qualités qu'il a tant cherché auprès des indiens et que le souci de crédibilité scientifique et intellectuel a fini par laminer dans son oeuvre.

 

 


San Juan pottery - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 36 x 44 cm, 1905 [source]

 

 


Altar peyote with rattle - Osage - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 14.2 x 19 cm, 1927 [source]

 

 


Kaiak on rack, Nunivak - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 13.9 x 19 cm [image size], 18 x 22 cm, 1928  [source]

 

 


Dishes, Nunivak - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 14 x 19 cm , 1928 [source]

 

 


Bark dishes, Kobuk - Curtis, Edward S. 1868-1952
photogravure à l'encre brune ; 14 x 19 cm, 1928  [source]

 

 

Notes

1 The North American Indian : L'Indien d'Amérique du Nord

2 Article de Wikipedia sur Curtis
Peu d'appréciation sur l'oeuvre elle-même mais il est bien montré sa proximité aux indiens :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Sheriff_Curtis

3 Un texte très intéressant de Jean-Baptiste Gauvin sur Edward Curtis et Martin Gusinde, photographes de peuples qui disparaissent.
https://unpointculture.com/2016/05/22/photographes-des-peuples-disparus-edward-s-curtis-et-martin-gusinde/

4 Deux sites américains sont intégralement consacrés à Curtis et à son projet "The North American Indian" :
- celui de Northwestern University Digital Library Collections à l'adresse http://curtis.library.northwestern.edu/ d'où proviennent les sources des images employées dans  cet article
- celui de la Library of Congress ici ou à l'adresse
http://www.loc.gov/pictures/item/2009632503/

5 Par-delà le vrai et le faux ? Les authenticités factices d’Edward S. Curtis et leur réception. Etudes Photographiques, https://etudesphotographiques.revues.org/3283
Une intéressante discussion sur la véracité des images de Curtis

 

 

 

 

 

 

 

 

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