
l'auteur
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Franck Brussel
né le 30-11-1970 à Auxerre
Directeur artistique
du studio de création Fly Away
Vit et travaille à Paris
Tel. :+33 (0)1 40 29 04 55
Mob :+33 (0)6 09 47 30 86
128, rue Vielle-du-Temple
75003 Paris
fbrussel@flyaway.fr
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Pour acheter des œuvres :
Exposition du 8 juin au 5 juillet 2006
Galerie A Rebours
97, rue Vieille du Temple
F-75003 Paris
Tel. : +33 (0)142-725-312
Cell : +33 (0)633-095-668
ldeverneuil@patrickfavardin.com
http://www.patrickfavardin.com
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Franck Brussel

Immeuble / Depanne Beach 2005 - Tirage couleur 50x70 cm d’après
négatif 1/5 - Plexiglass monté sur aluminium
Galerie-Photo : Franck, comment en êtes-venu à la photographie ?
J’ai lancé en 1995 un studio de
création. Je travaille donc depuis plus de 10 ans au contact
permanent de l’image et de la photographie dans les domaines de
l’édition, de la création graphique et du design produit, de la
publicité et de l’animation. Mon travail photographique en reste
très imprégné.
J’ai toujours été attiré, fasciné, ému
par la photographie. Parfois mon activité professionnelle m’a permis
de modestes incursions photographiques, pour la presse ou la
publicité de mode.
Aujourd’hui je suis très heureux de
pouvoir exposer mes travaux photographiques personnels. Cette
exposition illustre deux ans de recherche, de tâtonnements, de
premières pistes photographiques.
G.-P. : Votre photographie, très contemplative, fait
penser au peintre
Edward Hopper. C'est voulu ?
La comparaison m’honore, je ne crois
pas en être arrivé à ce même niveau de conception de l’image. On
retrouve peut-être dans mon travail ce même silence, une forme de
mélancolie onirique qui habite toujours l’œuvre de ce peintre, mais
il me semble que la figure humaine, protagoniste imprécis, calme,
éternel, reste toujours au centre de ses œuvres, ce qui n’est pas
mon cas. Je m’attache surtout aux lieux, à leur caractère inhabité,
désœuvré, aux instants écoulés dont ils ont été le décor, le
support, et dont ils sont vides désormais. C’est ce vide familier
qui m’attire, cette existence suspendue.
Pour cette exposition, une seule image
a pour axe central un couple. Ces deux dernières années, j’ai
réalisé peu de portraits. Je ne m’attache pas encore à cette «
peinture » de la personne, à cette frontalité. Peut-être parce que
je ne la maîtrise pas assez, parce qu’elle m’échappe, me fait encore
un peu peur photographiquement. Mais je sens que le vent tourne
doucement… je travaille en ce moment sur une série réalisée au
Polaroid SX70, scannés et retravaillés chez Publimod en format 40 x
40cm. Ce format me donne des envies de portraits…

Stade Niamey / Niger 2004 - Tirage couleur 50x 70 cm d’après négatif
1/5 -Plexiglass monté sur aluminium
G.-P. : On a l'impression que vous aimez les lieux
faits pour la foule mais dont la foule est absente.
Photographiez-vous l'abandon ?
J’aime effectivement photographier des
paysages naturels ou urbains, modelés ou construits par l’homme,
mais désertés ou presque. Je ne pense pas qu’il s’agit d’un goût
pour l’abandon. Souvent, la présence humaine reste perceptible,
visible ou retraçable. Je suis assez fasciné par des paysages de
villégiature que j’aime photographier très tôt ou tard le soir avant
ou après le passage de la foule. Comme si l’âme des lieux, écrasée
par l’homme, se réveillait en son absence.
Plus simplement, je n’ai pas forcément
recherché cet abandon. La photo de l’« ascenseur pour l’eau » de
Trieste, par exemple : j’étais parti un été pour le magazine de mode
Jalouse pendant un festival de mode, très animé, très coloré, durant
lequel j’ai pris de nombreuses photographies très « habitées ».
Puis, j’ai voulu y retourner à la basse saison à l’occasion d’un
voyage personnel, car j’avais aimé ce lieu. Je me suis alors
retrouvé dans un espace extrêmement différent, en total contraste ;
il prenait toute sa dimension, et les images aussi…
Mon travail est très simple, assez
spontané. Je travaille en argentique au Leica. L’argentique reste
aléatoire, il reste toujours un petit décalage avec ce que l’on a
voulu photographier, c’est ce que j’aime. Ce moment de flottement,
l’espace de la surprise. Je suis autodidacte avec des connaissances
techniques très basiques, ce qui me permet peut-être de me focaliser
sur ce que je vois, d’oublier tout le reste. Mes photos sont très
peu retouchées. J’aime les grands formats minimum 50x70cm. Les 20
tirages de cette exposition ont été réalisés chez Publimod Paris.
J’en profite d’ailleurs pour remercier Alain pour sa gentillesse, sa
disponibilité et sa compréhension immédiate de mes attentes.
G.-P. : Quels sont les photographes que vous aimez ?
J’ai été très influencé
par le travail d’artistes comme Thibault Cuisset, Yto Barrada,
Massimo Vitali, Eric Baudelaire, Stéphane Couturier, Andreas Gursky,
Bernd et Illa Becher. Leur démarche conceptuelle est très forte,
au-delà de la beauté de leurs images, de leur qualité. Ce travail
conceptuel, cette conscience de l’image, cette construction, cette
soumission à l’idée, c’est ce qui fait la grande différence entre
des artistes comme eux et un photographe comme moi.

Trieste Italie 2005 - Tirage couleur 50x70 cm d’après négatif 1/5
Plexiglass monté sur aluminium
dernière modification de cet article
: 2006
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