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le photographe

Gregory Crewdson
est né en 1962 à New York
photographie l’Amérique rurale
 dès ses débuts en 1985
Son travail est présent dans de nombreux musées américains

 

Les images utilisées dans cet article
sont tirées du très beau livre

 Gregory Crewdson: 1985-2005
Sous la direction de Stephan Berg
Relié: 242 pages
Editeur : Hatje Cantz Publishers
Édition : Bilingue anglais-allemand
(17 octobre 2005)
ISBN-13: 978-3775716222

Sorti en novembre 2008
en français (et superbe)
Sous la Surface des Roses
Gregory Crewdson

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l'auteur de l'article

Henri Peyre
Né en 1959
photographe
webmaster de galerie-photo
professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de Nîmes de 2002 à 2005

Formation : ingénieur IBM
et ancien élève des Beaux-Arts de Paris

Phonem
28 rue de la Madeleine
30000 Nimes
phonem.productivite@(ntispam)gmail.com
www.photographie-peinture.com
[acheter des oeuvres sur
www.nature-morte.com]



Organise
des stages photographiques
Exposition en cours :
Galerie La Quincaillerie, Barjac

 

 

Veuillez noter :
Il nous est extrêmement difficile de réunir les autorisations nécessaires à la présentation des photographies originales dans le texte et nous n'avons pas de budget pour la rémunération des ayant-droits. Le principe que nous suivons pour l'illustration des articles est le suivant : les auteurs des articles peuvent utiliser, sous réserve que soient indiqués clairement le nom de l'auteur et la source (...) les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information de l’œuvre à laquelle elles sont incorporées. Nous nous conformons en cela aux textes en vigueur (voir en particulier sur ce site : http://www.culture.gouv.fr/culture/infos-pratiques/droits/exceptions.htm). Si vous contestez l'utilisation faite d'une photographie, merci de bien vouloir nous en informer. Nous retirerons aussitôt la photographie incriminée des illustrations.

 

 

Gregory Crewdson

 

Comment fonctionnent les images de
Gregory Crewdson ?

Au départ, le parti est le même que celui de Jeff Wall : on est dans une scène de film. Il y a une histoire en cours à laquelle on ne comprend rien parce qu’on a raté le début. L’image qui est présentée est celle d’une solitude captée au moment de sa plus grande intensité. Le personnage est à la croisée des chemins.

Le fait que l’interprétation soit obscure (risquons ce jeu de mot) incite
- d’une part à examiner avec attention le sujet central de l’image pour mesurer l’angoisse et donc évaluer le danger
- d’autre part à promener le regard de partout sur l’image aux fins d’éclaircir la situation : les détails peuvent faire preuve et notre regard va courir d’une zone éclairée à l’autre, pour tenter de mettre en place les éléments du puzzle et lui donner sens.

Disons-le tout de suite, il n’y a rien à comprendre et autant la qualité des éclairages à la Hopper que la multiplication des éléments narratifs dans des mises en scènes partout archi-nettes et photographiées avec un luxe de détail inouï maintiennent élevés et continus la recherche et l’errance du regard.

 

 

Cette longue circulation du regard tentant l’éclaircissement du mystère est ce qui œuvre dans le travail de Crewdson. Dans les meilleures images, il y a une sorte d’équilibre entre la puissance du mystère et la quantité de détails donnés à l’analyse. Dans d’autres, moins heureuses, il y a un excès narratif : la très grande quantité de détail ne concourt plus à participer à la résolution d’un mystère. Beaucoup trop est donné à voir et le spectateur peut ressentir comme une sorte de haut le cœur face à une narration trop abondante. Alors un autre sentiment surgit : on est en face de tableaux sans nécessité où le réel prend une présence envahissante.

 

L’écœurement du réel

Si ces tableaux photographiques sont moins à notre goût ils sont néanmoins nettement majoritaires chez Crewdson.

Le haut-le cœur qui nous saisit devant l’accumulation des détails qui ne servent à rien nous semble pourtant alors encore fonctionnel, mais d’une toute autre manière : il invite à éprouver exactement le haut-le-cœur que semblent concevoir ces personnages malades d’un réel auquel ils n’arrivent plus à échapper, le réel des petites villes rurales américaines dont le sens méticuleux leur échappe. Il semble alors que l’étrangeté de la nuit bleue, jamais très loin, constitue pour l’auteur une solution possible, un ailleurs, remède violent, sexuel et inquiétant, que ses personnages, toutefois, ne se sont pas résolus encore à utiliser.

 

 

Le père de Crewdson était psychanalyste et le photographe raconte volontiers comment, enfant, il écoutait, l’oreille au plancher, les confessions des patients et la fascination qu’il en concevait. Ce fait ne semble pas anodin et l’écœurement qui peut nous gagner devant la narration obstinée et pointilleuse du réel présenté dans la photographie de Crewdson pourrait tout aussi bien être celle du père de l'auteur, traquant sous l’apparence insignifiante de mille et un mots sans intérêt la violence des passions humaines.

 

Des méthodes inspirées du cinéma

Gregory Crewdson fait de la photographie avec les moyens du cinéma : les budgets sont énormes, les mises en scènes sont faites en studio : rues, bois, intérieurs sont entièrement reconstitués ; on utilise les effets spéciaux. La réalisation de l’ensemble est confiée à une armée de décorateurs, d’éclairagistes et de stylistes. Des acteurs jouent dans les scènes, certains sont connus. Au total Crewdson ne ménage ni sa peine ni les effets : « La collusion entre mes échecs et la compulsion de faire quelque chose de parfait crée une anxiété qui m'intéresse ».

Le « tournage » met en général en scène, dans une atmosphère nocturne, des personnages fantomatiques au teint diaphane et au regard absent.

Les maîtres de Crewdson sont Edward Hopper pour la peinture, Jeff Wall pour la photographie ainsi que toute la tradition documentaire américaine ; pour le cinéma, Spielberg, Lynch, Wes Anderson et le terreau des films d'épouvante et de science-fiction. En littérature Crewdson se réclame de Stephen King.

L’image est finalement prise à la chambre 20x25.

 

 

   
   

 

dernière modification de cet article : 2007

 

 

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