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l'auteur

Henri Peyre
Né en 1959
photographe
Beaux-Arts de Paris en peinture
webmaster de galerie-photo
ancien professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de Nîmes

www.photographie-peinture.com
www.nature-morte.fr

 

 

Les illustrations de l'article
sont tirées de l'ouvrage

Sugimoto 
Portraits 
Tracey Bashkoff and Nancy Spector
Guggenheim Museum 2000 
The Solomon R. Guggenheim
Foundation, New York 
ISBN 0-8109-6928-9 
New York

Nous recommandons
vivement ce livre à l'achat, 
en raison de la superbe qualité 
des reproductions offertes.

 

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Hiroshi Sugimoto

par Henri Peyre

 

Sugimoto quitte en 1970 son Japon natal pour étudier l'art à Los Angeles. A cette époque y régnent l'art conceptuel et le minimalisme qui vont fortement influencer son travail à venir. La série des Cinémas commence en 1978. Sugimoto parle volontiers de ses travaux en soulignant qu'ils mêlent art, science et religion. Les ambitions esthétiques sont évidentes dans ces grandes photographies au fin travail des noirs, mais l'idée d'observation aussi, comme l'ambition spirituelle. Qu'est-ce qui est observé au juste ? Probablement la capacité de la photographie à retenir le lent écoulement du temps.

Chacune des vues de la série répond évidemment aux critères classiques de la beauté, de la symétrie et de la poésie visuelle mais chacune également prétend se soucier assez peu de l’endroit d’où elle a été prise, des caractéristiques du lieu. L’appareil photographique tente d’atteindre une sorte d’impartialité dans la prise de vue. Les sujets de Sugimoto sont généralement des lieux où les gens se réunissent pour une contemplation collective (mer, musées, cinémas).

 


Hiroshi Sugimoto, U.A. Walker, New York - 1978 ©

 

La série des cinémas et des drive-in commence par la description de cinémas du quart Est des Etats-Unis. Ces lieux construits dans les années 30 reflètent les illusions de grandeur d'Hollywood. Parallèlement Sugimoto s'intéresse aux drive-in, ces cinémas à ciel ouvert qui dans les années cinquante à soixante incarnent le rêve américain de l'automobile, de l'espace ouvert et de la liberté individuelle. Dans ces lieux déjà démodés passent le souffle de loisirs encore communautaires et d'un cinéma qui forge autant que la religion l'inconscient collectif de tout un peuple.

 


Hiroshi Sugimoto, South Bay Drive-in, San Diego - 1993 ©

 

Pour réaliser chaque photo, Sugimoto place sa chambre 8x10 dans le cinéma ou en plein air en paramétrant les réglages de sorte que la totalité de l'exposition corresponde à la totalité de la durée du film. La lumière qui éclaire l'architecture du cinéma ou le drive-in est donc celle de la totalité du film, transformée en une seule image. L'arrêt de toutes les images en une seule, fixe, statique et silencieuse, renvoie évidemment à l'idée de mort, dans un jeu curieux où ce qui était plein (l'image de cinéma) est maintenant vide (blanc). Comme un mort nous est présent par les actes avec lesquels il a engagé nos vies de son vivant, la lumière du film achevé continue d'éclairer le cinéma où a eu lieu la projection. La mémoire de ce qui n'est plus donne ainsi un sens à ce qui nous reste, tandis que l'image, nous proposant l'illusion autant qu'elle la dénonce, nous oblige à y réfléchir.

Marquer fortement le passé en travaillant ainsi son irruption au présent est le fil du travail de Sugimoto.

 


Hiroshi Sugimoto, Metropolitan L.A., Los Angeles - 1993 ©

 

 

 

dernière modification de cet article : 2005

 

 

 

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