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Jem SOUTHAM
Jem Southam est un photographe patient : Son travail est typique de celui auquel pousse l'utilisation de la chambre 20x25, qu'il utilise. L'usage du grand format favorise la photographie statique et monumentale et l'incroyable acuité des détails obtenus pousse à l'idée de collecte. Les couleurs sont douces et riches, la nature se statufie sous l'objectif mais, en même temps, l'abondance de détails trahit, par comparaison dans des photographies en série, l'évolution d'un temps long, qui normalement échappe à la photographie. Par ailleurs, Southam aime les lieux limites où les géants s'affrontent, falaises face à la mer, ou fleuves s'y perdant dans des embouchures mouvantes. Le travail de Southam illustre ainsi une des idées qu'on trouve dès l'origine dans la photographie : l'idée qu'on peut voir avec l'appareil photo des choses que l'oeil humain ne voit pas. Cette idée a su se montrer féconde dans le domaine scientifique. Mais en dépit de l'objectivité apparemment rigoureuse chez Southam on sent que l'irrationnel est convoqué, plus que le goût de l'observation scientifique ; la force de son travail réside probablement plus dans le goût pour le changement d'échelle, que la photographie permet de mettre en valeur, que dans un pur souci d'objectivité : on serait plus proche, à cet égard, des photographies spirites du XIXème siècle que des débuts de la photographie scientifique. Le photographe est un passeur vers un monde de géants dont le temps n'appartient pas, normalement, à celui de l'observation humaine !
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l'auteur
Jem Southam
biographie
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Tentons d'aller un peu plus loin. Chez Southam la composition est élégante, et centrale. La photographie est offerte dans une forme "tableau". Mais la composition soignée aime à se trouver présentée comme immanente à un chaos qui s'installe. Dans cette fascination pour l'ordre du désordre, Southam montre une deuxième fois l'ambition de révéler par la photographie un ordre surnaturel.
Dernière forte caractéristique du travail de Southam, éminemment photographique également, la nostalgie. Vient-elle de ce que les figures de la destruction sont les principaux sujets du photographe ? Aurait-on alors une nostalgie de type "photographie documentaire" (je photographie "ce qui va mourir, parce que je sais que cela va mourir") ? A notre avis non. La nostalgie vient plutôt de l'introduction de l'ordre dans le désordre. La composition soignée est un acte de foi qui rattache le photographe à l'échelle de l'individu ; sans ménagement, autant qu'il lui fait renifler alors mieux le monde des géants, il lui signale tout en même temps que ce monde sans sens n'est pas le sien. Si le chaos a un ordre, il ne sera jamais que celui de l'homme qui veut s'y inscrire ! La construction est, à cet égard, une tentative instruite et polie de feindre de croire au sens. Mais le photographe ne peut pas en être dupe et la solennité forcenée de ces monuments naturels ne fait qu'amplifier, dans les photographies de Southam, la formidable figure muette du chaos
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Bibliographie
Landscape Stories
Rockfalls, Rivermouths, Ponds Liens internet
http://www.masters-of-fine-art-photography.com/02/artphotogallery/photographers/jem_southam_02.html
dernière modification de cet article : 2006
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