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l'auteur

Joël Saras

Né en 1949
étude de lettres et de philosophie à Besançon
travaille un temps en psychiatrie
Responsable de Foyer-Logement social durant vingt-cinq ans

en 2002 suit les cours de
l'école de photographie de Serge Gal
et enchaîne ensuite stages et rencontres
avec des Auteurs importants :
Bernard Plossu, Jean-François Bauret
Charles Harbutt, Jacqueline Salmon notamment

Actuellement Auteur-Photographe
Vit dans le Jura

joel.saras@wanadoo.fr
www.joel-saras-photographie.com/
 

 

Joël Saras : Parc

 

 

Galerie-Photo : Joël, comment êtes-vous venu à la photographie ?

Je ne m'en souviens pas clairement mais ce devait être vers l’âge de deux ans... j'ai découvert pour la première fois ma tête dans le miroir de ma chambre. Mais c'est seulement un peu plus tard, quand même, dans les années soixante, que m'est tombé entre les mains un Voigtländer ; j'ai pu appuyer sur le bouton du déclencheur et j'ai vu que cette boite était magique. La Magie tout est là !

A cette époque, j'ai eu un choc en regardant des photographies de Man Ray, Bill Brandt, Kertesz, Henri Cartier-Bresson. Puis, en 1974, j'installe un labo dans la salle de bain de ce petit studio parisien où je ne développe et ne tire que du noir et blanc en amateur. Vrai début de la passion pour ce Médium extraordinaire!

 

 

 

Où ont été prises ces vues de jardin ?

C'est un Parc comme je les aime, situé dans ma ville natale, qui existe depuis 1690 ; il a été aménagé en promenade urbaine peu après la conquête française et offre un jardin anglais avec une grotte en rocaille, une cascade et des bassins sur différents niveaux.

 

 

 

Pourrait-on dire que vos images parlent de l'absence ?

Non dans le sens où je suis fasciné par l'harmonie de cette nature domestiquée et que j'éprouve un ravissement esthétique pour ces paysages photographiques mentaux où le réel tend vers une sorte d'idéal.

Mais oui, dans un second temps une angoisse diffuse s'installe. Est-ce la solitude, le silence, l'obscurité enveloppante du crépuscule où souvent ces prises de vues ont lieu... c'est ce sentiment d'étrangeté même, que Freud a analysé, je le cite : «  L'inquiétante étrangeté - Unheimliche - surgit souvent et aisément chaque fois que les limites entre imagination et réalité s’effacent, que ce que nous avions tenu pour fantastique s'offre à nous comme réel, qu'un symbole prend l'importance et la force de ce qui était symbolisé ».

 

 

 

Vous semblez souvent en retrait de vos propres images, comme si vous les preniez d'une sorte de poste de guet, retiré de la scène. N'est-ce qu'une impression ? Essayez-vous vous-mêmes d'être absent de vos images, d'en renforcer la banalité pour en vider le centre ?

J'y suis au contraire complètement investi. A la prise de vue, tous les sens en éveil, je trouve que c'est extraordinaire d'être vivant dans le lieu, d'en éprouver de telles sensations, d'en ressentir si fort l'atmosphère, et j'ai une forte sensation d'intemporalité. Je me perds dans le paysage où il n'y a, c'est vrai, pas de centre et pas de repères. J'essaie donc de capturer un instant unique car même si ces arbres semblent immuables, tout change tout le temps, la lumière n'est jamais la même, le temps psychologique de l'opérateur non plus.

Je cherche aussi dans le paysage un indice, la trace de quelque-chose de caché qui apparaîtra plus tard au développement ou non. Bien sûr... c'est toujours l'effet « Blow Up ». Il y a une présence dans ce paysage mais c'est la présence de l'invisible... Ce paysage est hanté !

Quant à votre impression par rapport à ces images, je citerai Serge Tisseron : « Toute image photographique proposée par un photographe est une reconstruction du réel, et cette même image vue par un spectateur en est une autre. »

 

 

Est-ce important pour vous de photographier des sujets que vous connaissez bien ? Que vous apporte la familiarité au lieu photographié ?

J'ai toujours aimé les parcs publics ; depuis que j'ai eu un appareil photographique en main, j'ai photographié des parcs. Pour celui-ci, je l'arpente depuis des années. J'avoue ne pas m'en lasser et je ne suis pas si familier avec car il est inépuisable. Et puis la familiarité du lieu photographié indique qu'il est inutile d'aller à l'autre bout du monde, alors que tout est déjà là sous nos yeux. Il suffit de voir.

 

 

 

Quel matériel avez-vous utilisé pour ces images ?

Pour la prise de vue Hasselblad et Rolleiflex chargés en argentique noir et blanc. Le format carré permet de s'éloigner du format traditionnel du paysage rectangulaire et renvoie pleinement au Médium.

Je suis viscéralement attaché au Noir et Blanc qui permet plus l'abstraction que la couleur.

Pour moi, ce qui a une grande importance, c'est la destination finale de l'image : tirée sur papier baryté, viré, le résultat doit être un bel objet que l'on peut prendre en main.

Je dois maîtriser toute la chaîne : prise de vue avec le zone système, développement et tirage effectués au labo par moi-même ou par un grand tireur que j'ai eu la chance de rencontrer : Patrick Toussaint.

Concernant les paysages je viens de passer récemment à la Chambre 4X5 inch. En revanche pour les portraits, un registre qui m'importe tout autant, je continue d'utiliser l'Hasselblad.

 

Si j'ai un regret immense c'est d'avoir pris conscience beaucoup trop tardivement dans ma vie que ce Médium était le seul moyen pour m'exprimer vraiment ! Il est en opposition complète avec l'écriture où un blocage est présent en moi depuis les années 70. Et il a fallu très longtemps avant que je m'autorise a être un auteur photographe… ce qui atteste, il est vrai, d'une confiance en soi très réduite.

     
     
     
     

 

 

 

 

dernière modification de cet article : 2012

 

 

 

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