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l'auteur

Lori Nix

http://www.lorinix.net/
 

Lori Nix est née à Norton, dans le Kansas, en 1969
Diplômée de la Truman State University où elle étudie la céramique et la photographie
Elle poursuit ses études de photographie à l'Ohio University, et habite à New York depuis 1999.
Nix se considère elle-même comme “une fausse photographe de paysage,”. Son travail est influencé par les films de catastrophes et les phénomènes climatiques violents. Ses images ne font pas l'objet de manipulation numérique ; elle utilise des maquettes pour créer des scénettes surréelles. Ces scènes peuvent avoir une taille de 60cm à 1,5m, et peuvent faire l'objet d'une construction de plusieurs mois, tandis que la phase photographique dure 2 ou 3 semaines. Elle utilise jusqu'en 2015 une chambre 20x25 avant de passer au Canon 5Ds. Nix travaille avec une partenaire, Kathleen Gerber, chez elle à Brooklyn, New York. Après la prise de vue, les maquettes sont détruites, les pièces pouvant être réutilisées étant auparavant mises de côté.

 

 

 

 

Lori Nix : Après

 

"Je n'ai pas vraiment un désir de mort, cela en a seulement l'apparence. Depuis huit ans, mes photographies se sont concentrées autour d'un paysage urbain fictif de l'«après». Un aquarium après une inondation, une église après un incendie, un salon de beauté après ... qui sait quoi.

L'humanité a disparu et il reste des fragments de bâtiments abandonnés, quelques-uns lentement repris par la nature. Ces photos ont d'abord été des dioramas complexes sculptés en carton mousse, peinture, plâtre et bois.

 

Construits à partir de zéro avec un luxe de détails, mes dioramas rappellent la vie quotidienne de leurs anciens habitants. En tant qu'artiste, je me suis toujours inspirée de mon environnement. J'ai grandi dans les années 1970 dans la campagne ouest du Kansas. Chaque saison apportait avec elle un nouveau désastre ou quelque phénomène météorologique. Enfant, j'ai personnellement connu des tornades, des inondations, des blizzards et la sécheresse. Je n'ai jamais été effrayée ou bouleversée par ces phénomènes parce que j'avais mes parents qui prenaient les problèmes en charge. Au contraire, ces événements ont apporté de l'excitation à une vie qui, selon les normes de la plupart des gens, aurait été assez terne.

 

J'ai également grandi avec le régime régulier de la télévision des années 1970 et le cinéma. Samedi soir voulait dire Carroll Burnett Show, du popcorn et une canette de Coca. Norton, ma petite ville du Kansas, avec ses 3500 habitants, ne comptait qu'un cinéma qui nous présentait les productions Disney les samedis après-midi ; le soir, il montrait le genre qui était populaire à l'époque, le cinéma dystopique(1). C'était dans cette petite salle de cinéma au sol collant qui sentait le pop-corn que m'ont  hypnotisée des films comme La Planète des Singes, la Tour Infernale, Tremblement de terre et Airport'76. Que j'ai été un enfant de six ans à regarder ces types de films, a eu, je crois un effet profond sur l'art que je crée aujourd'hui. Mon travail aujourd'hui peut être décrit comme un désastre teinté d'humour.

 

 

 

J'ai commencé la série "The City" après avoir déménagé à New York en 1999. J'étais entourée par de la grande architecture, des gratte-ciel et des ponts ; le paysage urbain ne pouvait qu'entrer dans mon travail.

 

Je suis toujours fan des divertissements dystopiques : je pense à Blade Runner, Alien, The Hunger Games, etc. Ma série actuelle est un mélange de ma nouvelle vie urbaine et un regard tourné vers un avenir apocalyptique. «The City» imagine ce à quoi New York et Brooklyn ressembleraient si soudainement l'humanité disparaissait. La cause exacte de la désertion est laissée vague. Est-ce une catastrophe naturelle, un virus, le réchauffement climatique, la guerre ? Quelques images suggèrent une destruction venue de l'espace - un dôme de bibliothèque écrasé par une tornade ou une voiture de métro remplie de sable.

 

 

Pour moi, imaginer une catastrophe à ce point globale est à la fois terrorisant et passionnant. Je me pose souvent des questions sur mon propre instinct de survie quand je réfléchis à une ville qui se vide.

Mon travail s'exerce sur une maquette et non sur un lieu réel, il crée ainsi un espace sans danger pour réfléchir à des idées plus vastes concernant les catastrophes. Vidés de leurs occupants, les espaces représentés deviennent des espaces de pensée pleins de possibles."


Traduction à partir de la page http://www.lorinix.net/about/
du site de Lori Nix

 

 

Les détails dans les bâtiments semblent plus prononcés et ce sont ces détails qui rappellent les humains qui les ont fabriqués. Non seulement ces bâtiments sont des structures destinées à nous protéger du vent et de la pluie, mais ce sont aussi des exemples de créativité, d'habileté et d'ambition humaine. La beauté et le design s'unissent avec la fonction consistant à créer quelque chose de plus que la somme des parties. Le spectateur est attiré dans la scène, ce qui lui permet d'être immergé dans l'architecture et dans les artefacts du monde moderne. Le Temps et Mère Nature deviennent les grands régulateurs de ces espaces déserts. Les grands lieux culturels prennent la même patine grenue que la buanderie locale ou la salle de contrôle industrielle. Sombre à première vue, les détails révèlent en fait l'optimisme, les ambitions, et l'entrain des anciens habitants.

 



Notes

(1) Une dystopie est un récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur. Une dystopie peut également être considérée, entre autres, comme une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie.
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dystopie

 

dernière modification de cet article : 2017

 

 

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