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le photographe

Nicolas Margerin



Né en 1978
 médecin généraliste remplaçant
ce qui lui permet de partager son temps
entre sa profession et sa
passion photographique
S'est mis à la photographie argentique en 2007

http://nicolasmargerin.com
nicolas.margerin(at)cegetel.net
 

 
 

Nicolas Margerin : portraits

 

Nicolas, comment êtes-vous venu à la photographie ?

J'ai commencé à m'intéresser à la photographie grâce à un reflex numérique que mon épouse m'a offert pour mon anniversaire en 2005. Je me suis alors mis à faire des milliers de photos. Je me suis beaucoup amusé mais dans cette boulimie de photo je n'ai produit aucune image digne d'intérêt, je photographiais tout et n'importe quoi... par ailleurs j'étais toujours frustré par le manque de modelé des images et les limites de l'appareil en terme de contrôle de profondeur de champ.

J'ai découvert l'argentique fin 2007, un peu par hasard. Je pensais que cette technologie était sans avenir au vu des progrès du numérique, mais ayant récupéré un reflex 24x36 j'ai eu l'idée d'y griller une triX, par curiosité... ma rencontre avec le grain fut pour moi une révélation: enfin de la matière ! Peu de temps après, j'ai acquis mon premier moyen format : un merveilleux Rolleicord Vb. Son vendeur m'avait mis en garde : "je le vends car de toute façon les pellicules n'existent plus !"

Depuis ma passion pour la photographie argentique n'a fait que grandir.

 


Le portrait de cette enfant dans les bras de sa mère a été pris à Armentières, sur la grand place, lors de la fête des Nieulles. On y voyait la "Reine des Nieulles" (l'équivalent de Miss Armentières") défiler, comme chaque année. Je me suis mélangé à la foule avec mon Yashica mat et je me suis retrouvé à côté de cette jeune fille que j'ai trouvé très touchante. J'ai ensuite dit à sa mère que je trouvais sa fille très jolie, elle m'a alors expliqué qu'elle avait elle même été, il y a de nombreuses années, Miss des Nieulles. Peut être sa fille le deviendrait-elle, un jour, à son tour...

 


J'ai réalisé cette photo dans la gare de Tournai, une fin de journée pluvieuse et sombre. Je me suis mis à tourner dans la gare avec mon appareil, en quête d'image. Ces trois jeunes se sont approchés à 1 ou 2 mètres de moi, ils parlaient bruyamment de l'heure du train, j'ai fait une première photo et j'ai choisi de composer avec l'horloge pour illustrer leurs préoccupations ; au moment où la jeune fille a tendu sa main écartée j'ai déclenché. Ils ne se sont aperçus de rien, ce qui est inhabituel pour moi qui ai l'habitude d'interagir avec mon sujet.

 

 

Qu'est-ce qu'un bon portrait pour vous ?

Difficile de donner une définition d'un bon portrait tant elle varie en fonction de ce que l'on veut montrer. Mais pour moi, même si l'aspect technique doit être maîtrisé, ce qui est fondamental est la relation avec le sujet. Quand je rencontre quelqu'un pour faire des portraits, il ne s'agit pas de faire une séance de portraits mais bien de passer un moment avec lui, de l'écouter et de partager. Quand la complicité s'est installée, je commence alors à faire quelques photos, souvent très peu, pour ne pas rompre l'échange, je fais parfois deux photos sur une heure d'entretien. Et je suis satisfait lorsque j'ai réussi à capter sur la pellicule l'ambiance ou l'émotion que je partageais alors avec cette personne.

 

 

Vous définiriez-vous plutôt comme un photographe vitaliste ou plutôt comme un photographe humaniste ?

C'est une question que je ne me pose pas, mais il m'apparaît évident lorsque je regarde mes propres photos qu'il y a un parti pris, un optimisme que j'essaie de mettre en avant. Par exemple : je me souviens avoir photographié une dame dans une grande misère sociale et affective, elle avait pleuré avec moi durant notre entretien, semblant découragée devant les épreuves, et pourtant sur les photos elle apparait heureuse et confiante. On s'aperçoit donc à quel point la photographie déforme parfois la réalité, ou du moins ne montre que ce que le photographe veut montrer.

Je pense donc que je peux me classer dans la catégorie "humaniste".

 

 

Avec quel appareil travaillez-vous ?

J'ai découvert la photo argentique grâce au 24x36 mais je le pratique de moins en moins. J'utilise maintenant essentiellement des TLR. J'ai actuellement deux Rolleiflex 3.5 Planar (un E et un F), un Yashica mat 124, un C330 et tout récemment j'ai acquis un Hasselblad avec un 80mm et un 50mm ; je ne suis pas encore très à l'aise avec ce dernier, je préfère les TLR : le son au déclenchement est très discret et l'image reste constamment visible sur le dépoli. Rien de plus désagréable pour moi qu'un visage qui disparait au moment même où l'on prend la photo.

J'ai également fait quelques photos à main levée avec une chambre de presse américaine :une Busch Pressman 4x5.

 

 

 

Qu'employez-vous comme pellicule et pourquoi ?

Je n'utilise quasiment que de la triX et de l'hp5+. Essentiellement pour leur souplesse : elles me pardonnent toutes les approximations d'expositions liées au fait que j'utilise assez peu ma cellule. Par ailleurs, je les pousse souvent à 800 et 1600 iso où elles continuent de me donner d'excellents résultats. J'ai testé différentes pellicules quand j'ai découvert l'argentique mais aucune ne m'a donné la satisfaction que me procurent ces deux grands classiques.

 

 

 

Vous faites vous-même vos tirages ?

Oui, mais je ne dispose d'un labo digne de ce nom que depuis peu ; j'ai aménagé mon bureau en laboratoire ce qui me permet enfin de réaliser des tirages barytés dans des conditions agréables. Pouvoir réaliser ses tirages sous l'agrandisseur est essentiel pour moi, le négatif est comme une partition de musique qu'il faut savoir interpréter. L'art du tirage est passionnant et j'ai encore énormément de choses à apprendre.

 

 

 

Vos photographies témoignent d'un grand intérêt pour des sujets âgés.
Y a-t-il une raison à cela ?

Effectivement, je me suis toujours senti à l'aise avec les personnes âgées. J'aime les écouter raconter leur vie, ils me plongent dans des époques que je n'ai pas connues, et eux se sentent valorisés par cette oreille attentive.

Mais d'ou vient précisément cet intérêt pour le troisième âge? Je n'en sais rien ! C'est en tout cas un sujet que je continuerai de travailler avec plaisir. Par ailleurs, d'un point de vue photographique, leurs visages sont souvent d'une grande richesse, je trouve que les rides et autres marques du temps magnifient les regards, témoins de toutes les années passées. Le grain argentique convient particulièrement bien à cette peau burinée par les années, je n'ai d'ailleurs jamais fait de portraits de personnes âgées en numérique

 

 

 

 

 

 

 

   

dernière modification de cet article : 2010

 

 

 

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