
l'auteur
|
Né à Spa
(Belgique), le 20/11/1954.
Analyste en biologie clinique en milieu hospitalier,
Philippe Berger est passionné de techniques alternatives.
Il est également l'auteur de plusieurs livres sur les procédés
alternatifs, publiés à compte d'auteur :
«Impression jet encre d’un négatif numérique sur transparent
pour les procédés alternatifs, Gomme Bichromatée et New Trichromie,
Cyanotypie, Procédé Color, Procédé Rawlins à l’huile, Charbon
Transfert, Polaroid type 55&59, Gomme Arabique Bichromatée à la Bière
Monochromie et Trichromie».
(ouvrages en vente sur le site de l'auteur : http://users.skynet.be/philippe.berger)

Philippe Berger
19, rue du grand pré B-4170
Comblain-au-Pont
Belgique
mineurdecharbon@skynet.be
http://users.skynet.be/philippe.berger
|
Avertissement au sujet des illustrations :
la gélatine employée par
Philippe Berger est un corps solide et transparent dans lequel l'image est
prisonnière. Sur les illustrations de l'article, ces gélatines ont été
posées sur un simple papier blanc.
(galerie-photo)
|
Curiosité :
les gélatines de Philippe Berger

Galerie-Photo : Philippe Berger, on a envie de vous dire :
"qu'est-ce que c'est que ça ?"
C'est de la peau de Polaroid dans de la gélatine.
La gélatine est solidifiée et très solide, ce n'est pas un objet
fragile, c'est une feuille de gélatine de 20x20 cm qui n'est pas plane
mais ondulée par la force de traction interne et l'image Polaroid n'est
pas sur mais dans cette peau de gélatine. Il n'a aucun contenant
plastique ou autre. On a une feuille de gélatine, une peau de gélatine
sans support, rigide mais pas plane, transparente, avec une image polaroid
transparente à l'intérieur.
Il n'y a aucun support qui donne forme à la gélatine si ce n'est sa
consistance propre. Vous constaterez que la peau de gélatine n'est pas
plane mais prend une certaine ondulation (légère) dans l'espace et elle
tient par sa seule rigidité.
Comment faites-vous cela ?
En fait, j'utilise un film diapositive noir et blanc 24x36 mm Agfa Scala 200 à sa valeur nominale.
Ce film me donne du détail et une netteté
surprenante pour le 24x36 mm. Avec mon agrandisseur, j'expose cette
diapositive noir et blanc sur un film polaroid polacolor 59 J'obtiens une
image sépia d'une très grande netteté au format 4x5 inches. J' enlève la
pellicule polaroid dans un bain d'eau très chaude selon la technique
propre du film polaroid. C'est ici que je quitte le monde connu de polaroid.
Ma pellicule polaroid, je ne la dépose pas sur une
feuille de papier mais sur un lit de gélatine selon une technique que
j'ai mis personnellement au point et qui est directement issue du
procédé au charbon double transfert.
Est-ce que cela tient dans le temps ?
Oui. La gélatine ne jaunit pas avec le temps. De plus, elle est
tannée avec une solution de formaldéhyde (comme les momies égyptiennes)
qui la conservera un peu comme les momies des pharaons ou les animaux
empaillés. Dans les anciennes photographies qui jaunissent avec le temps,
ce n'est pas la gélatine qui jaunit mais le papier, ce qui pourrait
expliquer que je n'en utilise pas, et la dégradation de l'argent s'ils
n'est pas transformé en sels aurique. La conservation des colorants Polaroid
est propre à la technologie polaroid, c'est pourquoi je préfère en
général un charbon comme image (peau de charbon) car le charbon encore
à l'heure actuelle le procédé photographique le plus stable dans le
temps étant donné qu'il utilise des pigments purs très stable à la
lumière.

Finalement l'image s'imprègne de son lit de gélatine transparente, se
gorge de la transparence de la lumière, obligeant le spectateur à
cherche son angle de visibilité. L'image refuse la planéité et laisse la gélatine sculpter l'espace,
Elle offre à la pellicule Polaroid la possibilité de choisir son
mouvement propre. Chaque image a ainsi son propre espace... On pourrait appeler
cette technique "Peau de Polaroid" .
Philippe Berger, au fond, est-ce que tout cela est encore de la
photographie ?
Je n'utilise pas le support papier. C'est un refus, mais non
systématique. Le métal, le verre, le
plexiglas et l'absence de support permettent de créer un autre monde,
celui que l'on n'imagine pas pour la photographie. Pourtant, ce monde existe et
j'aime créer l'ambiguïté pour le spectateur qui va se demander :
"Ceci
est-il de la photographie ?"
Cela n'est pas que de la photographie, mais cela vient de la photographie.
Egalement je veux faire une autre image,
quitter la représentation du beau pour la représentativité de
l'interprétation du beau. Comme dans les techniques alternatives, ce n'est plus obligatoire
d'avoir envie de la
perfection. Il faut accepter la différence, les défauts, la personnalité du
hasard et la marque de la technique, qui participent aussi à
l'image. C'est l'empreinte de la matière, la richesse de la lumière et
l'ombre de l'ombre qui s'imprime dans les pas du hasard Le hasard participe à l'œuvre et lui donne une personnalité unique, il
oblige le photographe à être lui-même une seule fois, il n'y aura pas
de copie possible.

dernière
modification de cet article : 2002
|