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l'auteur

Raphael SCHOTT
 


photo Elena Espejo

né en 1971 en Lorraine
 Installé dans le Sud-est en France

 Accède en autodidacte
 à la photographie en 1988
 et collabore depuis avec la presse
 (Pèlerin, La Vie, Le Parisien, Figaro
Madame Figaro, VSD
Usine Nouvelle, Maxi Basket…)
Réalise à plusieurs reprises
 les photos de la campagne
 du Cirque d’hiver Bouglione
 et deux collections homme
pour Agnès.B.

Publie un ouvrage
« Le Cirque Arlette Gruss »
 à l’issue d’un reportage de fond
 accompagné d’une exposition
de cinq ans avec les galeries FNAC
 Ce travail sur le Cirque
également primé au
Humanity Photography Awards 2002
 sera remarqué au lectures
de portfolio à Arles
 et exposé en partie
aux ateliers SNCF en 2006

 

De 2005 à 2008
Photojournaliste
pour le groupe NICE-MATIN
En 2010 primé par le prix
Caisse d’Epargne Lucien Clergue
pour le sujet « Ma’Miss »


Raphaël SCHOTT
1050 route de la mer
06410 BIOT
Tél : 06 08 62 12 66
http://schottraphael.blogspot.com/
schottraphael@gmail.com
 

Cet article peut être utilement rapproché
de celui concernant le travail
de Michel Brissaud, déjà publié
sur galerie-photo en
 http://www.galerie-photo.com/michel-brissaud-warrior.html
 

 

 

 

Raphaël SCHOTT : Blancs Manteaux

 

Qui sont ces personnages ?

Ils sont membres d’une troupe de reconstitution médiévale nommée « Les Blancs Manteaux » axée en particulier sur les Templiers. Cette compagnie Templière fondée il y a dix ans par Marc Dagand regroupe aujourd’hui une quarantaine de membres.

 

 

En quoi consiste leur loisir ?

Ils se rencontrent plusieurs fois par an avec d’autres troupes médiévales, se déplacent avec tentes et infrastructure qu’ils installent à chaque fois. Dans leur campement ils dorment et mangent à la manière de l’époque revisitée. Ils fabriquent leurs costumes, armes et accessoires, assurent des combats, défilent en public, enseignent l’histoire de cette période avec un véritable soucis d’authenticité. Ils adoptent également un vocabulaire et une gestuelle de cette époque. Les nouveaux admis dans la compagnie rentrent en tant que frère sergent (habillé de noir). Il y a ensuite un noviciat qui peut aller d'un à trois ans avant de pouvoir revêtir l’habit blanc de chevalier.

 

Quel métier exercent-ils dans le "civil" ?

On trouve des personnes de tout age et toutes origines sociales dans la troupe. Par exemple : tailleur de pierre, coiffeur, radiologue, chauffeur routier, mécanicien automobile, taillandier, Gendarme, Policier, Kinésithérapeute, Médecin, Paysagiste, Étudiant…et d’autres.

 

 

Pourquoi les photographiez-vous ?

La manière dont chacun affirme et projette sa personnalité ou son identité m’intéresse particulièrement. Sans aucunes préférences ni préjugés, je photographie aussi bien les groupes que les personnages individuels. L’acte photographique est un prétexte, un passeport vers l’intimité des autres ; en apprenant un peu des autres on apprend à se découvrir un peu plus soi même à chaque fois. Je dirais que peut être que je photographie les autres pour mieux me connaître. Je photographie aussi bien les groupes que les personnages individuels. Si mes projets « Blancs Manteaux », « Ma’Miss » ou « le Cirque » semblent distincts, ils s’intègrent en réalité dans un projet unique reposant sur un fil rouge. Enregistrer au plus large les particularités culturelles, sociales et comportementales des individus que je croise. Qu’ils soient dans une pratique de groupe ou individuelle.

Biot, mon village est une ancienne commanderie Templière. En Mars 2009 la commune pour valoriser cette partie de son histoire a organisé des festivités avec reconstitution historique de la période Templière. C’est à cette occasion que j’ai rencontré la troupe « Les Blancs Manteaux ». Leur prestance comme l’implication évidente des individus dans leur rôle m’a séduit, on dépassait le stade du simple déguisement.

Comme je m’intéresse aussi bien aux individus costumés par fonction réelle (juge, moine, garde champêtre…) que ceux qui le font par procuration ou revendication (reconstitution, déguisement, travestissement…), photographier ces Templiers me semblait évident. Lorsque j’ai expliqué ma démarche et mon intention, la chambre et son soufflet, les films insérés « comme des plaques de l’époque » ont joués en ma faveur. Un effet séduction en quelque sorte. L’accord a été obtenu immédiatement.

 

 

Dans quelle circonstance les avez-vous photographiés ?

Je suis resté deux jours sur site avec la chambre sur pied en permanence, réalisant les images des uns et des autres au fur et à mesure de leurs disponibilités entre deux défilés ou combats. Cette séance n’était pas prévue mais improvisée dans la foulée de la rencontre, c’était donc à moi de m’adapter à la situation et ne pas perturber leur fonctionnement. J’ai trouvé un espace utile devant une tente de leur campement, c’était compliqué : beaucoup de monde, des coups dans le pied de la chambre. Il pleuvait, entre deux photos je couvrais la chambre avec un sac poubelle, préservais au mieux la lentille et surtout les châssis au sec ; je les déchargeais et les rechargeais sur place, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer.

La troupe n’étant jamais au complet sur une manifestation, cette séance s’est prolongée l’année suivante. La difficulté des prises de vues espacées était d’être "raccord lumière". Après la première séance sous la pluie, j’attendais toujours un ciel nuageux pour finir. Je ne choisissais ni l’endroit ni le jour et me déplaçais sur plusieurs lieux de leurs représentations... un week-end je suis revenu bredouille après deux jours de plein soleil.

 

 

Pourquoi cette approche à la chambre ?

La chambre nécessite un effort important de mise en œuvre. Ce que perçoit la personne que l’on photographie et change la relation, permettant d’obtenir des individus une réelle implication utile à la réalisation du portrait.

Grâce à la surface sensible de grand format, la chambre permet d’obtenir des images très riches en informations, même dans les flous. Les mouvements de bascule et décentrement sont des fonctions qui la distingue de tout autre appareil. Donc au-delà de la volonté de se singulariser dans la relation avec le sujet, la possibilité d’obtenir un négatif très riche et l’usage des mouvements commandent ce choix.

Avec une chambre mon protocole est simple et je ne perds pas de temps à essayer différentes choses ou à tourner autour du pot. Je prémédite la prise de vue avant de tout déployer. Par sécurité technique je double la vue : 1 châssis par personne. Le choix de l’image finale est d’autant plus clair. Avec un appareil plus véloce que la chambre j’aurais tendance à multiplier les vues.

 

Quel matériel utilisez-vous ?

J’aime la compacité et la transportabilité, ce qui cette année m’a valu un retour au 4x5 après une tentative en 8x10. Ce sujet « Les Blancs Manteaux » à d’ailleurs été commencé en 8x10 et achevé en 4x5. Il est très difficile d’être nomade en 8x10. Le poids de la chambre à elle seule n’est pas le critère essentiel. C’est le poids global de l’équipement et son volume qui deviennent pénalisant. J’ai organisé ce retour au 4x5 pour le confort et le coût des consommables. Le 4x5" conserve l’attrait d’un original grand format et les mouvements de la chambre.

J’ai une Linhof Technika. J’utilise la focale standard du format, 150 mm pour le 4x5 et 300 mm pour le 8x10. Je privilégie les optiques au cercle d’image important car j’utilise beaucoup le décentrement et la bascule du corps avant dans mes portraits. En 4x5 mon choix s’est porté vers une optique pouvant se ranger à l’intérieur de la Linhof pliée.

J’utilise de la Trix ou de la PlusX développées en tambour rotatif avec du Xtol. L’exposition est faite pour les ombres dans le visage, pas forcément universelle donc, mais je suis content du résultat. Les tirages contact sont effectués sous agrandisseur à tête lumière froide et à contraste variable : technique du splitgrading et papier Ilford Warmtone, révélateur à ton chaud du même fabricant.

Mais le film comme le papier ou la marque du matériel n’ont pas d’importance essentielle, le sens de mon travail ne repose pas sur un procédé ni une dépendance à un produit. Il m’arrive de changer de produit selon mon stock ou la disponibilité. En parallèle j’utilise beaucoup le moyen format comme pour mon projet « Le Cirque » commencé il y a 10 ans. Quelques fois je laisse la chambre au placard et selon l’humeur de la période ou lorsque j’ai envie d’une spontanéité de mise en œuvre différente je reprends mes boîtiers 6x6.

 

Pourquoi le noir et blanc ?

Le noir et blanc me permet d’assumer entièrement le traitement et l’interprétation de l’image jusqu’aux tirages réalisés dans mon laboratoire.

Bien sur il y a une raison esthétique d’abord, j’aime ça, et les travaux qui ont fait référence dans ma culture étaient en noir et blanc. Il y a donc aussi une part d’héritage et de mimétisme.

En me débarrassant de la couleur j’ai la sensation d’épurer l’information et de me concentrer sur l’essentiel du sujet. Cependant je ne suis pas réfractaire à la couleur, je l’utilise dans certains de mes travaux en cours.

Le noir et blanc est à la fois nostalgique et intemporel ; à long terme il offre la possibilité d’harmoniser le rendu de travaux distants de plusieurs décennies. Les tirages argentiques barytés, charnels et envoûtants dont je suis très amoureux sont une excellente raison de choisir ou de continuer la pratique du film noir et blanc.

 

 

dernière modification de cet article : 2011

 

 

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pour toute remarque concernant les articles, merci de contacter henri.peyre@(ntispam)phonem.fr

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