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Pierre Movila

Né à Amiens en 1958
Vit et travaille à Toulouse depuis 1996
 Médecin spécialisé en imagerie biomédicale
 et traitement d'images (CEA)
 puis fondateur de l'agence de communication ELIXIR à Toulouse
qu'il co-dirige en tant que directeur artistique
 Photographe depuis les années 70
passionné d'art contemporain
il pratique depuis une vingtaine d'années
la photographie plasticienne
 et plus récemment le video-art
Expose en France et à l'étranger depuis 1993
Pour en savoir plus : www.movila.org
 pierre@movila.org

 

Voir aussi l'article

Rencontres de la Photographie
Arles 2005
Carnet de visite d’un spectateur
2ème partie : les expositions


 

 

 

 

Rencontres de la Photographie d’Arles 2005

Carnet de visite d’un spectateur - 1ère partie : mode d'emploi

 

Par Pierre MOVILA

 

Préambule

Arles 2005, c’est fini, en tous cas pour ce qui est de la semaine du festival. Mais les expositions sont ouvertes jusque mi-septembre, et si vous en avez l’occasion, je vous recommande d’envisager une visite avant la fin de l’été, quels que soient vos goûts en matière de photographie. D’abord parce que vous y trouverez sans doute ce qui vous plaît d’habitude, mais aussi parce que vous découvrirez certainement de nouvelles choses, tant l’offre est variée et parfois étonnante. Mais ce que je vous recommande encore plus, c’est d’envisager de venir lors de la semaine du prochain festival, car il s’agit alors d’une toute autre expérience que de simplement visiter les expositions dans la torpeur de la fin de l’été.  

Cet article a pour but à la fois de dresser un petit compte-rendu subjectif de l’édition 2005, de rendre compte de l’ambiance de la semaine du festival, et de vous apporter quelques informations utiles si vous envisagez de vous y rendre pour la première fois en 2006. 

Dans un second article, vous trouverez un coup d’œil sur les expositions proposées en Arles cette année. 

NB : ce que vous allez lire reflète uniquement un point de vue qui n’engage que l’auteur. Bien d’autres personnes pourront vous donner d’autres sons de cloche… à vous de vous faire une idée !

Les RIP, késaco ?

Les RIP (Rencontres Internationales de la Photographie, que certains résument aussi par le terme « Arles »), c’est incontournable. Cette manifestation de référence née en 1969 est passée au cours des années par tous les états classiques des festivals : d’abord confidentielle, rapidement encensée, puis décriée, presque oubliée un instant, et enfin renouvelée depuis le changement de millénaire (sauvée disent certains…). Aujourd’hui, les RIP vont assez bien, merci (200 000 visiteurs en 2004), depuis le retour de François Barré aux commandes (un ex DG de Magnum – un parisien), avec la bénédiction de Lucien Clergue (un des fondateurs du festival – un arlésien), et le soutien de nouveaux sponsors (publics et privés).  

Les RIP se sont fait une place dans la galaxie internationale des festivals photo : le credo aujourd’hui c’est le généralisme. Les RIP sont généralistes (dixit les organisateurs), par opposition à Perpignan qui se positionne clairement vers le photojournalisme et le reportage, contre Paris-Photo qui se tourne vers la collection et les clichés historiques, et se démarquent de Toulouse et son Printemps de Septembre ou de Lectoure, résolument plasticiens et avant-gardistes, pour n’en citer que quelques uns. Même s’il y a eu dans le passé des thématiques définies plus ou moins respectées, le festival est effectivement généraliste dans ce sens qu’on peut y voir à la fois des rétrospectives prestigieuses d’auteurs bien établis, les clichés de jeunes artistes qui apportent un nouveau regard, et toutes les formes d’expression par l’image. Par contre, les RIP sont bien délimitées : on n’y voit que de la photo, certes dans tous ses états, mais point de vidéos, et très rarement des installations ou des performances. 

Petit détail qui a son importance et que le novice doit connaître : les RIP, c’est deux périodes. La première, c’est LA semaine, celle des vernissages, des animations, de la caravane publicitaire et de la foule. Traditionnellement positionnée début juillet, LA semaine s’est déroulée cette année du 5 au 10. Ensuite, vient la période des « expos encore ouvertes tout l’été », qui s’étale du 11 juillet au 18 septembre. Il y a autant de différence entre les deux périodes que pour le col du Tourmalet, le jour du passage du tour de France et ensuite. 

 


François Hébel aux RIP 2005

 


La place de la République, avec dans le fond
l’église Ste Anne, lieu d’exposition

Mais qui donc va aux RIP ?

Venir aux RIP, c’est un pèlerinage. Tous les ans la ville est prise d’assaut par les amateurs de photographie de tout poil durant une semaine. C’est à Photoville sur Rhône que vous arrivez en sortant de la gare ou en quittant la bretelle d’accès de la RN572. En fait, l’ambiance est assez étrange, car la ville d’Arles se voit compartimentée en 4 populations qui se mélangent dans ses rues mais partagent peu : les amateurs de photo, bien sûr, mais aussi les habitants d’Arles qui voient d’un assez mauvais œil tous ces « parisiens de la photo » qui débarquent avec leur air hautain et font monter les prix des restaurants, les aficionados de corridas qui n’aiment pas beaucoup que le festival des photomaniaques fasse de l’ombre au leur, et les touristes qui suivent scrupuleusement le parcours recommandé du guide vert et s’étonnent de toute cette agitation inhabituelle dans une ville au paisible passé gallo-romain.  

Ceux qui sont là pour les RIP sont faciles à reconnaître : presque tous se baladent un appareil photo en bandoulière, de préférence de marque prestigieuse, et aux quatre coins de la ville on voit des passionnés qui prennent en photo le moindre centimètre carré à leur portée. Arles est certainement la ville la plus photographiée au monde. Remarque : il y a des tendances pour bien porter son appareil. Si c’est un Leica, il faut le porter un peu court, posé sur le haut de l’épigastre, juste en dessous du sternum. Si c’est un Nikon reflex, il ne faut pas oublier d’y adjoindre le moteur pour le grossir, et deux ports sont possibles : près de la taille en prenant soin de déplacer la boucle de la ceinture de coté pour éviter de le rayer, ou à la main, le doigt sur la gâchette. A éviter absolument : les compacts, les caméscopes. A la rigueur on peut imaginer un Holga ou un jetable à condition de prendre un air inspiré. Vous êtes prévenus. 

 


Le plan des RIP

 

Tout ce petit monde bouleverse l’économie locale : il n’y a plus un hôtel de libre alentours depuis mars, il faut se battre pour avoir une place en terrasse des bars et restaurants, et les distributeurs de billets de banque sont invariablement inopérants chaque jour à partir de 16h00. Ah, j’oubliais : à Arles, il y a trois catégories de participants aux RIP. Les amateurs-spectateurs, qui achètent leur ticket (bleu cette année) et le font biffer à chaque entrée d’exposition, les stagiaires (ceux qui participent à un stage photo proposé par les RIP) qui ont un « pass » pour les expos, et les professionnels qui ont le badge plastique tant convoité, avec photo d’identité d’un côté et logo en forme d’aubergine de l’autre (cette année seulement, inutile de tenter une contrefaçon pour l’an prochain). Je ne parle pas des « stars » qui n’ont rien du tout mais entrent partout, comble du chic. Innovation en 2005 : le badge est relié à une dragonne blanche parsemée des logos des sponsors, juste voyante comme il faut. Collector. 

Les RIP, version 2005

Contrairement aux années passées, en 2005, pas de directeur artistique invité, c’est François Hébel, himself, qui est aux commandes exerçant cette fois son pouvoir de Directeur Artistique Permanent. Au fait, il faut le dire tout de suite, il y a deux François à connaître aux RIP : François Hébel, celui qu’on voit partout et qui prend volontiers le micro, et puis François Barré qui est le Président des Rencontres, qu’on voit moins, mais qui est tout de même aux commandes. Les prénoms se ressemblent, mais il n’y a pas de confusion possible. 

Que dire d’autre de l’édition 2005 ? Tous les indicateurs sont à la hausse : plus d’expos que l’an passé (50 contre 40), plus de stages (22), et 4 colloques. Les colloques, c’est un peu à part, ça se déroule dans une salle de théâtre et on y pense tout haut photographie pendant 5 jours. Attention : les colloques sont très spécialisés et pour intellectuels avertis. Noter que cette année, la climatisation fonctionne enfin dans le théâtre, et ça change tout. 

 


La Maison des Rencontres

 

En inflation aussi, du moins il me semble, le coût des RIP : le catalogue coûte 38 euros (attention il existe une version en anglais et une en français et les vendeurs n’y prêtant pas attention, vérifiez avant l’achat), le ticket toutes expos 28 euros (ne donne le droit qu’à une visite par expo – réduction accordée à 20 euros si vous présentez la carte FNAC ou une carte d’étudiant), l’entrée à chaque soirée de projection 12 euros. Remarqué aussi cette année : le développement du « merchandising ». Le traditionnel T-shirt est remplacé par toute une collection de prêt-à-porter avec différents logos. Il existe même un sac à dos RIP, des affiches, et, parait-il, des tongs RIP. Pour revenir au catalogue, celui-ci est assez bien fait et contient de nombreuses reproductions des œuvres exposées et la reprise des textes de présentation affichés dans les expos. 118 pages, 40 euros, 834 grammes. Noter qu’on peut se le procurer dans les bonnes librairies, ou au pire dans les FNAC ou sur Amazon. Bon à savoir aussi : depuis 4 ans, le logo des RIP est dessiné par le talentueux graphiste français Michel Bouvet qui nous a successivement proposé le piment, les pois, le citron et cette année l’aubergine. Les paris sont ouverts pour l’an prochain : citrouille ? Courgette ? Je taquine. 

 


Le catalogue

Les RIP, ça se passe où ?

Pour ce qui est des lieux d’expositions, peu de nouveautés. Le festival semble définitivement installé dans les Ateliers SNCF (d’anciens entrepôts industriels abandonnés qui offrent à quelques centaines de mètres du centre ville un très vaste espace d’exposition), sans pour autant bouder les lieux traditionnels du centre ville : le Capitole, l’Archevêché et son cloître, l’église des Frères Pécheurs, La Commanderie Ste Luce, le Méjan, etc… L’abbaye de Montmajour, à quelques kilomètres, accueille une rétrospective des travaux des élèves de l’Ecole Nationale de Photographie qui fête ses 20 ans cette année. Une navette bus gratuite est mise à disposition des festivaliers et fait l’aller retour entre l’office de tourisme et les ateliers SNCF. Attention : il semble que les voitures garées aux alentours des Ateliers SNCF soient fréquemment « visitées ».  

Contrôle des billets à chaque entrée selon un rituel bien établi : si vous avez le ticket, on fait une petite croix dessus. Si vous avez le badge, on fait un bâton sur une page pour comptabiliser votre passage. D’un point de vue accueil, manifestement il y a eu des consignes marketing : bonjour, bonne visite, au revoir systématiques. Et finalement pas désagréables. Attention, avec le ticket, vous ne pouvez faire qu’une seule visite de chaque salle ! Apparemment cette contrainte a été établie suite à des fraudes les années passées (un ticket pour deux suffit si on se le passe à la sortie de la salle…)La solution : négocier sur place, certains gardiens sont compréhensifs et ne cochent pas la case, ce qui vous offre une possibilité de 2eme visite.


Ateliers SNCF

En dehors des lieux d’exposition (voir le plan qu’on peut se procurer sur place gratuitement et qui est téléchargeable sur le site internet des RIP : http://www.rencontres-arles.com), il y a des lieux qu’on ne peut ignorer, à savoir :

la Maison des Rencontres, où l’on achète les billets, le catalogue et les T-shirts. C’est près des arènes. Attention, la machine à carte bleue marche un jour sur deux, prévoir un chéquier. C’est aussi le point de rencontre pour les stagiaires, et sur une table on trouve toute une collection de brochures annonçant des concours et appels à auteurs pour d’autres festivals.

L’ENP : l’Ecole de Photographie d’Arles, ouverte à tous lors des RIP. Si vous le pouvez, visitez la bibliothèque de l’école qui se trouve au premier étage : inoubliable, une des plus belles collections de livres de photo que je connaisse (demandez l’autorisation tout de même, ce n’est pas un lieu public). C’est aussi à l’ENP que sont réalisées des démonstrations d’utilisation de Photoshop et des formations assurées par le Club Photoshop et la Color Academy. 


Ecole Nationale de la Photographie

L’hôtel d’Arlatan : rendez-vous des VIP et des bobos photographes. Avantage : l’hôtel est ouvert à tous vents, il est facile de s’y faufiler, pour y apercevoir une star de la photo comme Martin Paar ou Joan Fontcuberta. Il y a chaque année une expo à découvrir tout au long des différentes salles du rez de chaussée. Des lectures de portfolios sont organisées dans le jardin intérieur. Egalement présentations de matériels photo et de logiciels en matinée. 


La cour de l’hôtel d’Arlatan – inscriptions aux lectures de portfolio

La cour des podestats : Photoservice y organise un concours photo et des lectures de portfolios chaque jour. Egalement, possibilité d’obtenir des tirages de photos numériques sur une borne automatique.

L’espace Van Gogh : Leica propose des révisions gratuites de vos boîtiers de la marque. Techniciens et pièces détachées courantes y sont mis à votre disposition. On y trouve aussi l’exposition des photographies de l’artiste récompensé par le prix Oscar Barnack remis par Leica chaque année lors des RIP. Leica organise aussi une lecture de portfolios sur le stand. A coté, des éditeurs spécialisés dans les ouvrages de photographie (allemands et italiens notamment) y tiennent des stands. Vous pourrez y trouver des éditions anciennes rares, ou des livres non distribués en France.


Espace Van Gogh

Hôtel du forum : cet hôtel qui donne sur la place du même nom propose tous les ans une exposition de photographies d’auteurs italiens dans une salle du rez de chaussée (expo Italian Beauty). On peut y obtenir des posters gratuits. 


Hôtel du Forum et Hôtel Nord Pinus (à gauche)

Les hôtels : de nombreux hôtels hébergent des expositions de photos non répertoriées dans la documentation des RIP. En voici quelques uns : hôtel du Musée (l’expo est tout au fond du jardin, en haut de l’escalier), hôtel Nord-Pinus, hôtel Saint Trophime (il faut sonner pour entrer).

Librairies : venir à Arles sans visiter la librairie Actes Sud serait une hérésie. Le rayon photographie est un des plus grands d’Europe. Pendant les RIP s’y déroule des séances de dédicaces presque chaque jour (notamment celle des gagnants du concours CCF). La librairie est attenante à un cinéma d’art et essais qui présente en matinée, pendant la semaine des RIP, des films documentaires ayant pour sujet la photographie. Voir aussi la librairie Harmonia Mundi près de l’espace Van Gogh qui propose une belle collection de livres de photo et expose des œuvres dans ses vitrines. En se perdant dans la ville on trouve aussi ça et là de petites librairies qui proposent des livres de photographie anciens ou d’occasion.


Librairie Actes Sud

Les jardins du Théâtre antique : un podium y est en principe dressé et dans la journée on peut assister à des conférences de presse données par les artistes exposant aux RIP. Certaines années, ce podium est déplacé sur la place du forum.

La place du forum : le poumon des RIP, il s’y passe toujours quelque chose et tout le monde y passe au moins une fois par jour. Emissions radiophoniques en direct dans la journée, concerts de groupes et projections de photos tard en soirée. Très tard en soirée, on peut même espérer s’asseoir à coté de pointures de la photo qui sirotent leur dernière boisson de la journée.

 


Musiciens jazz sur la place du Forum

Le soir aux RIP

La nuit tombée, les RIP offrent toutes sortes d’activités, et le choix est parfois cornélien entre plusieurs rendez-vous simultanés. En premier lieu, il y a, bien entendu, les célèbres projections. 

 


Les RIP le soir

 

Le théâtre antique : c’est là que se déroulent les projections officielles des RIP. Les projections sont un rituel incontournable des RIP. Si vous êtes en retard de 30 minutes, ce n’est pas grave, traditionnellement la projection démarre avec une heure de retard et les entractes sont interminables. Le programme des projections est très inégal. Certains jours sont consacrés aux congratulations, remises de prix ennuyeuses et discours sans fin : à éviter. Pour 12 euros, c’est un peu cher ! (mais l’entrée est gratuite pour ceux qui ont le badge). Certaines projections sont commentées en anglais, mais des casques pour bénéficier d’une traduction simultanée en français sont mis à disposition sans supplément (prévoir une pièce d’identité qui fait caution). Heureusement, quelques projections chaque année sont magiques : images géantes, musique adaptée, grands noms de la photographie, grand nombre de photos présentées. Le très grand écran est d’ailleurs un spectacle en lui-même, flottant au vent les soirs de fort mistral. N’espérez pas y découvrir de nouveaux talents, le style est plutôt à la rétrospective d’œuvres confirmées. Prévoir un pull et une crème anti-moustiques. Il est préférable de s’asseoir en haut et au centre des gradins. Le site est grandiose et vaut le coup d’œil le soir. La mise en scène graphique des projections est souvent soignée et innovante. Sachez aussi que vous pouvez vous décider la plupart du temps au dernier moment : la billetterie est sur place et je n’ai pas encore vu le théâtre complet ces dernières années. 

 


Projection au théâtre antique – la file d’attente

 


Projection au théâtre antique – entracte

 


François Hébel et un représentant de Télérama
ouvrent les projections de l’édition 2005.

 


Projection au théâtre antique :
les images de l’agence Corbis Outline 

 


Après la projection… bavardages et contacts VIP

 

Les projections du « Off » : le festival Off, baptisé « voies Off », propose des projections très intéressantes et concurrentes de celles du théâtre antique, dans le cadre de la cour de l’Archevêché. Les projections sont réalisées tous les soirs aux mêmes heures que celles du théâtre antique.  Beaucoup de monde et un succès croissant qui est dû à plusieurs facteurs : les projections sont gratuites, peu de blabla, beaucoup de photos, et que des découvertes de jeunes talents (85 photographes présentés cette année !). Et, contrairement aux RIP, l’accès aux projections est ouvert à tous, par concours. Vous pouvez proposer un dossier de candidature dès mars (cf : http://www.voiesoff.com/). Les projections sont suivies de fêtes avec DJ et ambiance techno. Noter aussi la projection cette année de quelques œuvres multimédia. 

 


Projection Voies Off

 


Œuvre multimédia aux Voies Off

 

Les fêtes : il s’en déroule un peu partout, notamment dans les hôtels, et souvent autour des piscines. Les plus recherchées ont plutôt lieu à la périphérie d’Arles, mais il est nécessaire d’obtenir une des précieuses invitations. Si vous êtes un adepte de ce genre de manifestation sociale, essayez d’obtenir des invitations auprès de la « caravane publicitaire » des RIP. Les sponsors étant dans la plupart des cas les bailleurs de fond de ces fêtes, ils ont des cartons cachés dans les poches. Sachez tout de même que la plupart de ces fêtes sont ennuyeuses, et que vous avez peu de chance d’y rencontrer des personnalités disponibles à vous écouter ou regarder votre portfolio.

L’ambiance à la mode est style techno ou progressive électro.  


La fête de voies Off

 

La place du forum : après les projections au théâtre antique, vers 23h30, on peut assister à des projections sur la place, face aux terrasses des cafés. Le plus souvent il s’agit des photos des artistes primés lors du festival ou de la production d’écoles de photographie ou de collectifs d’artistes. Très tard sur la place, on peut côtoyer de près les organisateurs des RIP qui s’y retrouvent pour souffler un peu. 

 


Projection place du forum

 


Projection place du Forum

 

Les Arènes : elles sont en cours de restauration depuis plusieurs années, et entourées en partie par un échafaudage extérieur sur lequel sont tendues des bâches blanches. Ce support sert d’écran le soir, et cette année, les étudiants de l’Ecole Nationale de Photographie s’en sont servis pour projeter leurs œuvres.  L’accès à la projection est gratuit, mais il faut bien l’avouer, il n’y a malheureusement pas grand monde pour les regarder. Pourtant, on peut y découvrir des choses intéressantes… 

 


Les arènes d’Arles

 

Les vernissages

Venir aux RIP le premier jour n’est pas forcément le meilleur moment. Les expositions ne sont en général pas toutes ouvertes, et il y a les vernissages. Deux choses l’une : vous êtes invité(e), et ce sont discours des uns et des autres, mauvais champagne et temps perdu ; ou vous n’êtes pas invité(e) et on vous barre l’accès aux expositions. Mauvais plan dans tous les cas.

Lectures de portfolios

Comme dans tous les festivals de photographie, les rues d’Arles sont emplies de personnes qui déambulent avec des classeurs et porte documents. Car ce genre de manifestation laisse supposer à chacun qu’il y a une concentration locale en décideurs du monde artistique propice à la découverte de nouveaux talents. Logiquement, on a vu se développer les animations de « lectures de portfolios » ces dernières années. Le principe est simple, c’est comme chez le dentiste. On s’inscrit sur une liste de rendez-vous la veille ou le matin, et à l’heure dite on est censé rencontrer tel photographe célèbre, tel responsable de galerie ou programmateur d’exposition, voire éditeur de livres d’art. Souvent ce sont toujours les mêmes personnes qui sont demandées et les retards sont fréquents, autant que les entrevues sont courtes. Quelquefois, c’est la foire d’empoigne, les rendez-vous ne sont pas du tout respectés, certaines personnes tentent de couper la file, et la tension monte vite, d’autant qu’on peut être inscrit sur une liste et ne rencontrer personne à la fin car l’horaire est dépassé.  

 


Lecture de portfolios des Voies Off

 

Qu’attendre des lectures de portfolios ? Être découvert par un Pygmalion qui va enfin lancer votre carrière internationale ? Peu probable. Par contre, vous pouvez espérer rencontrer deux types de personnes : une personne d’expérience et désintéressée qui pourra vous donner un avis objectif sur votre production photographique et vous conseiller pour la développer et l’enrichir ; une personne qui a un projet d’exposition ou d’édition, aussi modeste soit-il, et qui est autant à la recherche d’aide ou de collaboration que vous pour le réaliser. Dans les deux cas, et si les espérances ne sont pas trop grandes, on peut tirer grand bénéfice de ces rencontres impromptues. Il faut tout de même savoir que les décideurs réels sont fortement sollicités et peu disponibles, et que les RIP ne sont certainement pas le meilleur endroit pour établir un contact efficace, d’autant que la concurrence est rude, il n’y a qu’à voir la longueur des files d’attente ! Et parfois le meilleur contact est celui que l’on a avec les personnes qui attendent avec vous dans cette file et qui vous montrent leurs travaux. 

 


Lecture de portfolio sur le stand Leica

 

Derniers conseils : pour une lecture de portfolios, n’amenez qu’une sélection de vos meilleures photographies, si possible en une série cohérente sur un thème donné. Soyez impitoyable : il vaut mieux 15 photos impeccables que 100 variations sur un thème. Tout le monde ne suit pas ce conseil : on voit dans les rues d’Arles des personnes qui se promènent avec un caddie empli de leurs œuvres complètes ! 

Voici les lieux qui offrent des programmes de lecture de portfolios : 

- Voies Off, dans la cour de l’Archevêché
- Stand Leica, Espace Van Gogh
- Stand Photoservice, cour des podestats
- Hôtel d’Arlatan
- Expo de la Galerie Vu (sur rendez-vous uniquement) 

Les stages des RIP

C’est une institution des RIP : les stages ont une réputation qui dépasse l’hexagone. Il y a plusieurs styles de stages : les « days with » qui permettent de rencontrer une célébrité de la photographie sur une journée, et les ateliers qui sont censé apprendre une technique ou aborder une pratique particulière de la photographie et qui peuvent se dérouler sur une semaine. Attention : ce sont des stages, pas des formations. Ce qui veut dire qu’il s’agit avant tout de rencontres entre personnes passionnées et de dialogue à bâtons rompus. Pas ou peu de formation théorique. Le groupe des stagiaires est souvent hétéroclite, plutôt « amateur » que « professionnel », ce qui peut provoquer des déceptions chez ceux qui en attendent trop. 

La journée type du stagiaire débute vers 9h00, commence par un petit café et des discussions entre stagiaires en attendant l’animateur du stage qui arrive en général vers 10h (d'autres sont plus ponctuels, mais en général...). Quand le stage se passe bien, on déjeune parfois avec l’animateur pour poursuivre les discussions. Les stages se déroulent soit dans des locaux comme les salles de cours de l’ENP, ou sur le terrain s’il s’agit de la pratique d’une technique. Attention : il faut dans la plupart des cas amener son matériel, même si parfois on peut bénéficier de prêts (notamment dans le cas de pratiques très particulières comme une travail en studio ou à la chambre). Les consommables sont parfois fournis, souvent dans le cadre d'actions publicitaires (films, développements). Il est préférable de s'en informer auparavant, cette pratique variant selon les années et les stages.

La plupart des stages comportent une séance de lecture de portfolios, mais le nombre de stagiaires implique peu de temps consacré à chacun. Et vous repartirez plutôt avec les adresses de vos co-stagiaires qu’avec le numéro du portable de l’animateur, mais il y a des exceptions à cette règle ! Une fois cela intégré, il faut dire que les stages peuvent aider à solutionner des problèmes techniques et relancer une pratique en panne d’inspiration. 

En conclusion : l'organisation logisitique des stages par les équipes des RIP est globalement bien assurée. Pour chaque stage, un(e) assistant(e) est désigné(e) pour aider au bon déroulement du stage. Il s'agit le plus souvent d'un étudiant de l'ENSP. D'une manière générale, tout le monde est à votre écoute pour que tout se passe bien. En fait, ce qui compte le plus et qui conditionne la réussite du stage, c'est l'animateur et les co-stagiaires. Certains animateurs sont pédagogues et impliqués, d'autres moins, certains très désinvoltes. Et on tombe le plus souvent sur un groupe de co-stagiaires très sympas, mais parfois il y des "perturbateurs" un peu pénibles.
La vie quoi !

Attention : si vous avez choisi un stage peu couru ou que l’animateur a trouvé mieux à faire, le stage peut être tout simplement annulé au dernier moment. On vous proposera alors de vous recaser sur un autre stage, ce que vous n’êtes pas obligé d’accepter, évidemment. A l’inverse, dans le cas de stages très demandés, il se pratique le surbooking, et croyant être inscrit vous pouvez vous retrouver exclu(e) au dernier moment pour cause de surpopulation… donc toujours les même conseil : inscrivez-vous tôt ! Voir pour plus d’infos : www.stagephoto-arles.com

Les « Off » des RIP

Qui dit festival, dit divergences ou apartés.  

Le festival Voies Off : simultané à la semaine du festival des RIP, il est le off principal. Depuis maintenant 10 ans, ce festival dissident a sa propre programmation, et on ne pourrait plus concevoir les RIP sans le Off. Voies Off propose dans la journée un espace de rencontre avec buvette dans la cour de l’Archevêché, des lectures de portfolios, des distributions gratuites de magazines gratuits (numéros anciens de Réponse Photo par exemple), et en soirée des projections gratuites des photographies de plus de 80 photographes, organisées autour d’un grand prix remis en fin de festival. Voir le site http://www.voiesoff.com/ pour plus d’informations. Noter cette année que le Off parraine une exposition dans une galerie du centre ville.   

 


Festival Voies Off

 

Le Off du Off

Nouvel avatar 2005 des RIP, le off du off se propose d’explorer un thème particulier, l’architecture, par l’exposition de 16 photographes. Le lieu : une vaste demeure qu’on découvre en faisant un parcours fléché. Dans chaque pièce des œuvres mises en scène, d’auteurs connus et moins connus. Le jardin, très agréable, permet de prendre quelques minutes de repos sous la fraîcheur des arbres. On peut consulter des livres de photographies mis à disposition sur place. Nouveau cette année et rafraîchissant.

WIP

WIP = work in progress (travail en cours). Exposition autonome organisée par les étudiants de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie. WIP a trois ans, et se compose à la fois d’une exposition dans une chapelle, et d’un programme de projections dans plusieurs endroits de la ville, dont les arènes. Les photos présentées sont souvent intéressantes, même si on sent le manque de maturité quelquefois. Les étudiants y montrent aussi leurs tentatives éditoriales (maquettes de livres photo). 

 


WIP 2005

 


WIP 2005

 

Hype Gallery

Organisée en marge des RIP par Hewlett Packard, Hype gallery est une exposition originale ouverte à tous. En envoyant via internet une image numérisée, vous pouvez être exposé en Arles ! HP se charge de la tirer en grand format et de l’exposer dans une des salles des Ateliers SNCF. Voir le site des RIP pour plus d’infos : http://www.stagephoto-arles.com/hypegallery


Hype Gallery en Arles

 

Lumas

Lumas est une association qui représente de jeunes photographes allemands qui propose une galerie à Berlin et un magazine trimestriel. Elle présente en Arles une intéressante exposition de photographies contemporaines, tendance plasticienne (www.lumas.com). 

Les off des off des off

Arles est investi par la photographie, et un peu partout dans la ville on découvre des expositions plus ou moins sauvages. Certains n’hésitent pas à louer des espaces pour une semaine pour présenter leurs œuvres, ou plus simplement s’imposent dans les rues par voies d’affiche ou en pendant leur images le long d’un fil à linge… Il ne faut donc pas hésiter à s’échapper du centre ville pour faire des découvertes intéressantes et rencontrer des passionnés un peu plus disponibles pour dialoguer. 

 


Une série de photos affichées un peu partout en ville…

 


Partout des expositions

Les RIP après le festival

Que se passe-t-il après la semaine du festival ? Les projections s’éteignent, les ateliers de lecture de portfolios et les stages s’arrêtent, mais les expositions continuent. Bien sûr, l’ambiance n’est plus la même, il y a beaucoup moins de monde dans les expositions. Mais la visite vaut le voyage tout de même, comme on dit. Car on peut alors tranquillement explorer les différents lieux, en associant visite de la ville et ses monuments et expos. Si vous n’avez pas pu vous rendre en Arles pendant la semaine du festival, ne boudez pas pour autant les RIP qui conservent à votre disposition  le meilleur jusqu’en septembre : les photographies ! 

Préparer les RIP 2006 ?

Il est évidemment trop tôt pour dire quand exactement auront lieu les RIP 2006, mais il y a fort à parier qu’elles se dérouleront au tout début de juillet comme tous les ans. Que faire pour les préparer ? Visitez le site Internet des RIP dès janvier 2006, pour découvrir le programme, notamment celui des stages. Si un stage vous intéresse, notamment ceux des « days with » avec une célébrité de la photographie, manifestez-vous dès que possible pour réserver votre place. Il est fréquent que les stages les plus demandés soient pris d’assaut des mois auparavant.

Réservez aussi votre hébergement dès mai pour être sûr d’avoir de la place. Si vous êtes photographe professionnel, la demande du badge doit se faire dès juin. Et si vous décidez de participer au festival Voies Off, retirez votre formulaire de participation sur leur site Internet dès février, fin mars la sélection des auteurs est terminée ! 

Si vous souhaitez louer un espace pour exposer lors de la semaine du festival, téléphonez aux agences immobilières de la ville. Cette pratique est connue des professionnels, ils sauront vous diriger. Profitez de ce qui reste des vacances pour aller voir sur place avant de signer : il faut absolument être près de la place du forum pour espérer avoir des visites, et certains n’hésitent pas à louer des caves… 

 

 

Voir aussi l'article

Rencontres de la Photographie
Arles 2005
Carnet de visite d’un spectateur
2ème partie : les expositions

 

   

Dernière mise à jour : 2005

 

 

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