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Henri Peyre
Né en 1959
photographe
webmaster de
galerie-photo
professeur de photographie
à l'Ecole des Beaux-Arts
de
Nîmes de 2002 à 2005
Formation : ingénieur IBM
et ancien élève des Beaux-Arts de Paris
Phonem
28 rue de la Madeleine
30000 Nimes
henri.peyre@(ntispam)phonem.fr

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Sarah Moon - éléments de style
par Henri Peyre

Sarah Moon utilise le film Polaroid et la
chambre photographique. Les tirages sont confiés à un tireur.
D’un commun accord, l’image peut être enrichie en grattages, détériorations,
salissures, afin que l’objet apparaisse appartenir plus encore à
la mémoire.

Le succès de cette excellente photographe,
d’abord modèle photographiant ses amies modèles puis photographe
de mode, en particulier pour les campagnes de Cacharel qui lui assurèrent
sa juste renommée, se fonde largement sur un style très riche et
raffiné qui a toujours résisté à l’obligation des commandes.

Née en 1941, dans une famille juive qui doit
fuir la France occupée, Sarah Moon ne dit rien de son enfance, de
ses années passées en Angleterre, de son père ingénieur, des ses
quatre frères et sœurs...
Pourtant l’analyse de ses oeuvres amène à
penser que son enfance a été déterminante pour un art dont le
style est très arrêté.
Des constantes se retrouvent en effet dans ses
photographies :
-
le
rapport à une nature inaccessible. La nature est
conjuguée au passé ; on y trouve des pyramides, des
rhinocéros, des mythes, au moins de la nostalgie, parfois de la
tristesse
-
pas
de vrai blanc dans ses images, tout est en low key, pas d’échappées
claires dans les ciels
-
du
flou, du vignettage
-
de
l’exotisme : animaux ou monuments lointains, avec une
tonalité coloniale
-
souvent
du mouvement, comme effacement des premiers plans
-
des
yeux fermés, ou des visages effacés ou baissés
-
des
références aux années 30, à la modernité (dans le vêtement,
dans la représentation de la femme)
-
une
grande importance des mains (qui sont la partie du corps des
adultes à la hauteur du visage d’un enfant…)
-
la
martyrisation (par le corset, par les griffures, par le grattage
du négatif)
-
l’allusion
au cauchemar d’enfant
-
des
personnages sans tête, sans bras, sans mains ou avec des bras
en bois, ou amputés, une assimilation des êtres à des
poupées
-
un
espace confiné auquel on n’échappe pas
-
des
signes, du graphisme contrasté augmentant le confinement par
des impératifs autoritaires
-
le
silence, dont la suggestion dans l’image est renforcé dans le
procédé par l’interposition de matières, de gestes, de
cadres, de grattages entre le sujet et le spectateur.
Ces éléments nous semblent directement mener
à une interprétation autour du souvenir de la prime enfance dans
une Grande-Bretagne en guerre, un pays obligé d’appeler à
l’aide les forces vives de ses colonies... d’où une atmosphère
pleine d’inquiétude, de violence et de mutilation conjuguée au
passé, avec la guerre en creux, une atmosphère où l’ailleurs colonial
dans sa vision enfantine déborde de partout. Où le cadre familial
confiné n’empêche pas l’arrivée des monstres et des
mutilations probablement liées à l'omniprésence de la guerre. L’ailleurs est ainsi toujours présenté entre rêve,
menace et souvenir dans une décor qui tient de la nature
empaillée du musée d’histoire naturelle et de la violence du
cirque.

Sites internet
http://www.seniorplanet.fr/seniorplanet.fr.php?
id=3368&action=article&id_cat=282&page=1
http://www.humanite.presse.fr/journal/
2001-12-08/2001-12-08-254761
http://www.photographiz.com/
?rub=biographie&id_photographe=24
http://expositions.bnf.fr/contes/pedago/illustra/esthe.htm
Livres
"Coïncidences",
Delpire éditeur, 288 pp., 172 photographies, 49,24 euros
Souvenirs
improbables
DVD :

Contact
vol.2
des présentations de10mn de plusieurs photographes contemporains,
dont Sarah Moon

dernière
modification de cet article : 2004
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