[abonnement gratuit]

l'auteur

Pierre Movila

Né à Amiens en 1958
Vit et travaille à Toulouse depuis 1996
 Médecin spécialisé en imagerie biomédicale
 et traitement d'images (CEA)
 puis fondateur de l'agence de communication ELIXIR à Toulouse
qu'il co-dirige en tant que directeur artistique
 Photographe depuis les années 70
passionné d'art contemporain
il pratique depuis une vingtaine d'années
la photographie plasticienne
 et plus récemment le video-art
Expose en France et à l'étranger depuis 1993
Pour en savoir plus : www.movila.org
 pierre@movila.org

 

 

 

 

 

Le Scanner Epson V700 : premières impressions… encore !

Par Pierre Movila

 

La saga continue

Il y a un an, Epson proposait un nouveau modèle de scanner mixte, pour lequel j’avais fait quelques tests comparatifs (entre les modèles 3200 , 4870 et 4990), publiés sur ce site dans les archives des articles techniques, rubrique acquisition numérique (scanner epson 4990 : un comparatif). La conclusion de l’article était : « que va proposer Epson avec son prochain scanner ? ». Eh bien, nous y voilà : le V700 est disponible depuis le début d’Avril. Ayant à ma disposition un des premiers modèles livrés en France du V700, j’ai réalisé des tests complémentaires, comparés au 4990 selon la même méthode que le précédent article.

Le V700 est le premier modèle dont la référence sort de la série 4XXX. Ce n’est pas un hasard, car lorsqu’on lit le dossier de presse et la documentation, on constate qu’Epson considère son nouveau scanner comme le premier d’une nouvelle série positionnée comme « professionnelle ». D’ailleurs, d’après ce qui est annoncé, le 4990 devrait continuer à être commercialisé comme modèle « grand public » en parallèle du V700.

Qu’est-ce que la gamme « professionnelle » selon Epson ? Epson commercialise déjà depuis des années une gamme de scanners dite professionnelle, sous le nom de série « Expression ». Cette série est plutôt orientée vers une utilisation « arts graphiques » que photo, même si certains modèles peuvent numériser des films. Le qualificatif professionnel se rapporte d’abord à une fiabilité et solidité du matériel supérieure à la gamme grand public, mais aussi à quelques caractéristiques techniques spécifiques comme la possibilité de réglage précis du focus par l’utilisateur, la présence d’une interface SCSI, ou des formats de numérisation pouvant atteindre le A3. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une gamme vieillissante qui n’a pas beaucoup évolué ces dernières années, dont la résolution de numérisation se limite au mieux à 3200 dpi optique pour une Dmax de 3,6. Ce matériel cible les graphistes-monteurs PAO des agences de publicité-communication et les petits imprimeurs.

Avec le V700, Epson inaugure donc une nouvelle gamme professionnelle résolument tournée vers la photographie, photographes professionnels ou amateurs avertis (dixit la documentation), même si le V700 est toujours inscrit dans la succession de la  gamme Perfection. Dores et déjà, Epson annonce un prochain modèle, le V750 (référence V750-M Pro outre-Atlantique) dont la sortie en France est promise pour Mai 2006 (comptez plutôt fin Juin pour la disponibilité effective). Le modèle Professionnel de la nouvelle gamme professionnelle en quelque sorte… nous y reviendrons en fin d’article.

Dernier argument évoquant le positionnement professionnel : le prix, nettement en augmentation. Le prix public officiel de lancement du V700 est de  663 euros HT, mais on peut le trouver aisément à moins de 650 euros TTC en vente en ligne. Le modèle V750 devrait être commercialisé autour de 900 euros TTC, prix public recommandé, donc aux alentours de 850 euros TTC via internet. La garantie est d’un an par défaut, extensible à 3 ans au moment de l’achat avec le contrat CoverPlus Epson.

Quoi de neuf ?

Puisque l’ambition d’Epson est de présenter une nouvelle gamme, on est en droit d’attendre une rupture avec les caractéristiques des anciens scanners de la marque.

Cette rupture apparaît d’emblée sur la boîte, qui est abondamment illustrée de références à la photographie sur toutes ses faces.

 


La boite de l’Epson V700

 

Ensuite, on constate d’emblée que le design extérieur de l’appareil a été complètement revu : ligne plus carrée, plus massive.

Un nouveau logo également fait son apparition, aux cotés de celui du système ICE : le logo Dual Lens System.

 


Le Logo Dual Lens System

 

C’est en effet la principale évolution qu’apporte le V700 : un système double objectifs, un pour la numérisation de documents opaques, l’autre adapté aux documents transparents. Epson n’est pas la seule marque à proposer des systèmes à deux objectifs : Microtek propose par exemple le ArtixScan 2500F qui fonctionne sur le même principe (mais avec une conception très différente : résolution limitée à 2500 dpi, système sans glace).

Impossible de voir ce nouveau système double-optique sans démonter l’appareil. Le seul endroit où on en a une représentation est le carton d’emballage :

 


Le Dual Lens system présenté sur l’emballage du scanner

 

Autre innovation : la nouvelle résolution annoncée : 6400 dpi optique, excusez du peu ! Il semble que ce soit le premier scanner à plat de cette gamme de prix à atteindre cette résolution.

Déballage

Peu de surprises à l’ouverture de la boite : le scanner (complètement monté, alors que les anciens modèles étaient transportés avec le dos conditionné à part), une alimentation électrique, un câble USB, une pochette contenant les CD et documents, et des caches-supports de films copieusement emballés dans des sachets plastique.

 


L’ensemble logiciel livré en standard

 

L’ensemble logiciel livré comprend : les pilotes Epson et logiciels annexes (dont ABBYY FineReader Sprint plus v6, Epson Scan v2.80F, Epson File Manager) en différentes versions linguistiques sur 2 CD, Photoshop Elements version 3 (et non version 4, curieusement), Silverfast 6.0 SE.

Nouveauté également, l’alimentation électrique passe dorénavant par un transformateur externe délivrant du 24V.

 


Le bloc secteur externe

 

Et puis, dans le fond de la boîte, un étrange sachet contenant de petites pièces en plastique sur lesquelles nous allons revenir plus loin dans cet article.

 


Le mystérieux sachet de pièces plastiques

 

Le scanner, revue de détail

Le scanner en lui-même occupe un volume similaire à son prédécesseur (dimensions : 503 x 308 x 152 mm), et on est surpris à la prise en main par deux choses :

-          d’abord la construction de l’appareil semble de bonne qualité, mais surprend par sa légèreté (6.6kg contre 6.7kg pour le 4990). Pour tout dire, on pouvait s’attendre à un peu plus de poids pour un modèle professionnel.

-          ensuite, si sur les photos on a l’impression que l’appareil est gainé de métal, il n’en est rien, l’appareil est bel et bien construit entièrement en matière plastique, ce qui déçoit un peu pour un matériel de ce prix.

 


La façade du v700

 

En façade, on retrouve dans un design différent les boutons classiques de mise en marche (bouton poussoir et non interrupteur qui devient lumineux lorsque le scanner et mis sous tension) et le bouton poussoir de lancement rapide du logiciel Epson Creativity Suite. Nouveauté : en cas d’erreur de numérisation ou de panne matérielle, le voyant passe du vert au rouge clignotant.

L’arrière de l’appareil est également similaire à ce que nous a habitué la gamme Perfection : interface Firewire IEEE1394a-2000 - 6 broches (ANSI X3T10 Serial Bus Protocol 2 Revision4L SBP-2), interface USB2 type B (compatible USB 1.1 - Mode Pleine vitesse [12 Mbits par seconde] et mode Haute vitesse [480 Mbits par seconde] de la spécification USB, révision 2.0.), raccord du dos lumineux et alimentation électrique. Deux boutons sont présents, un à l’arrière l’appareil et l’autre sur le dos lumineux, ils permettent de bloquer le mouvement des chariots lors du transport du scanner. Le dos lumineux est articulé avec le corps du scanner par des charnières métalliques. Il reste ouvert en toute position sans qu’il soit besoin de le tenir. Noter qu’une ouverture dans le capot  en forme de poignée permet de l’ouvrir facilement.

 


L’arrière du scanner

 

Un coup d’œil sous l’appareil confirme la légèreté de la construction avec une structure alvéolée destinée à donner un peu rigidité avec moins de plastique !

 


Le dessous du V700

 

Le dessus de l’appareil est parfaitement plat et présente une fente en plastique fumé laissant apparaître une diode électroluminescente de couleur bleue permettant de suivre visuellement la progression de la numérisation. Il est un peu plus court que le corps du scanner.

 


Le dos lumineux du scanner en position fermée

 

Les dimensions de numérisation données par la documentation sont :

- Opaque : 216 × 297 mm (8,5 × 11,7 pouces), format A4 ou US Letter

- Transparent : 203,2 × 254 mm (8 × 10 pouces) (quatre bandes de film de 35 mm [6 vues chacune], douze diapositives de 35 mm, deux vues de film de format moyen 6 × 20 cm ou deux vues de film de format 4 × 5 pouces).

La vitre coté scanner a les dimensions suivantes : 30.7cm x 22.7cm

On distingue en dessous un bloc chariot cachant les deux optiques.

 


Chariot du capteur

 

Le dessus du chariot montre une fente entourée de deux bandes blanches. Le bloc du capteur a considérablement augmenté de taille pour pouvoir abriter les deux optiques.

 


Chariot du capteur, détail.

 

La vitre coté dos lumineux a les dimensions suivantes : 29cmx22.3cm.

La rampe lumineuse est guidée par un rail métallique central et mis en mouvement par le biais d’une courroie crantée. En fonction, l’éclairage apparaît très lumineux et puissant, légèrement bleuté.

 


Dos illuminateur

 

Le capteur est de type CCD couleur 6 lignes avec micro lentille, exploité de manière différente selon qu’il est utilisé en mode document opaque ou transparent : 4800 dpi à 122 400 pixels (20 400 x 2 lignes x 3 couleurs), ou 6400 dpi à 113 280 pixels (18 880 x 2 lignes x 3 couleurs) respectivement. Pixels effectifs : 40 800 × 56 160 pixels. Le capteur est capable de restituer une palette de couleurs sur 48 bits (données constructeur). La source lumineuse est une lampe blanche fluorescente à cathode froide, accompagnée d’une diode électroluminescente infrarouge (système ICE). Vitesse de numérisation : environ 12,3 ms par ligne à 4 800 ppp, et environ 3,1 ms par ligne à 600 ppp (données constructeur).

 

Partie de cache-cache

Pour numériser des films, en plan (jusqu’au format 4’x5’), en bande (120 ou 135) ou montés (diapos 24x36), on utilise un cache spécial en plastique (fourni) qui va porter les images dans un bon alignement, et en regard de la surface couverte par le capteur. Tous les caches laissent une bande libre en haut de la vitre, pour permettre au logiciel du scanner d’effectuer un calibrage d’illumination avant chaque numérisation (étalonnage de la température de la lumière émise par la rampe lumineuse qui varie avec le temps de mise en chauffe).

 

L’Epson est livré avec 5 caches plastiques + 1 plaque occultante blanche sur support mousse qui sert à masquer la vitre du dos quand on utilise le scanner pour numériser un document opaque.

Ces caches ont bénéficié d’une évolution importante par rapport à ceux livrés avec l’Epson 4990. Nous allons décrire précisément ces différences car elles semblent avoir une importance notable qui conditionne l’obtention de bon scans de films.

 


Caches supports de films

 


Cache pour format libre et cache occultant en mousse

 

Les caches fournis peuvent recevoir 2 plans films 4’x5’, 12 diapositives 24x36, 4 bandes 135 de 5 photos chaque, 2 bandes 120 (4 photos par bande en 6x4.5 et 6x6, 3 en ).

Première différence avec les caches du 4990, chaque cache présente sur le bord droit deux onglets marqués d’un triangle blanc. Sous ces onglets on constate qu’il existe un ergot qui correspond chacun à un trou sur la surface du scanner. Quand on place le cache sur la vitre, en mettant en correspondance les triangles blancs on met facilement les ergots dans les trous, ce qui garantit le bon alignement du cache par rapport au capteur.

 


Trous et ergots de cache

 

Deuxième innovation : au centre de chaque cache, sur le dessus, se trouvent disséminés de petites cales en mousse, surtout situées au centre. Il semble que ces mousses, en entrant en contact avec le verre du dos lumineux lorsque le scanner est refermé, contraignent en appui le cache qui est ainsi bien appliqué sur la vitre coté capteur.

 


Cales en mousse (gros plan)

 

 


Cales en mousse

 

Troisième innovation : on trouve maintenant sous les caches plusieurs patins en plastique, sous forme de petites pièces de plastique amovibles, destinés à soulever le cache de la surface en verre coté capteur. Ces patins sont marqués d’une flèche. Ce sont les mêmes pièces qui sont fournies dans un sachet à part (montré plus haut dans cet article).

 


Patins en plastique

 

Ces patins s’encliquent dans le cache d’une manière assez solide, tout en étant facile à enlever.

 


Patin en place sous le cache

 

Sur le cache on constate qu’il y a deux symboles : 0 et +. Les patins pouvant être montés indifféremment dans les deux sens, la flèche montrant soit le 0 soit le +.

Aucune indication écrite sur papier n’est fournie avec ces patins. Ce n’est que dans la documentation au format PDF Acrobat qu’on peut trouver un début d’explications, bien enfoui dans les pages du document (je vous fais gagner du temps : consultez la rubrique : Accueil > Résolution des problèmes > Problèmes au niveau de la qualité de numérisation > L'image est déformée ou floue). On pourrait croire qu’Epson veut passer sous silence l’existence de ce système, ce qui n’est pas impossible.  Le procédé est tout de même de l’ordre du bricolage, et cache une réalité peu glorieuse : l’Epson V700 ne possède toujours pas de système autofocus ou d’un réglage de focus par molette.

Voici en résumé le principe d’utilisation des patins :

 

En mode numérisation de films avec caches, le plan de netteté du scanner est situé à 3mm au dessus de la vitre. La profondeur de champ est évidemment très faible, de l’ordre de 0.5mm. Il peut donc arriver que la numérisation de films gondolés amène la surface du film en dehors de cette zone de netteté. La solution Epson : utiliser des patins comme des cales modifiant la hauteur du cache par rapport à la vitre. Quand toutes les flèches des patins sont orientées vers le 0, le cache est à 3mm de la vitre, position standard. Si elles sont orientées vers le +, le cache est alors à 3.5mm de la vitre. Si les patins sont tous enlevés, le cache est à 2.5mm de la vitre. La numérisation de films sans cache, comme le 8’x10’, nécessite de poser le film sur la vitre. Le logiciel doit être réglé en ce sens : option « film sans support film » dans Epson Scan.

Evidemment tout cela nécessite des tests et des tâtonnements que je vous recommande de réaliser dès que possible quand vous aurez votre scanner. Ce serait dommage de constater que le scanner donne des résultats médiocres qui sont facilement améliorables plusieurs mois après le début de son utilisation… D’autant que ce réglage concerne moins le problème des films gondolés (rare) que la tolérance de la précision de fabrication (fréquent). Une fois trouvé le bon réglage, il ne sera pas à modifier ensuite, a priori. Attention : il faut impérativement réaliser le test pour chaque cache si vous numérisez des films de format différent, les réglages optimaux n’étant pas forcément les mêmes.

Reste le mystère du petit sachet de patins supplémentaires livrés avec l’appareil : ces patins sont rigoureusement identiques à ceux déjà en place sur les caches. Cela laisse donc imaginer qu’on pourrait en perdre… donc qu’ils se détachent facilement des caches ! L’usage nous le dira.

Autres différences avec les caches du 4990, en vrac :

 

-          les films dans le cache 6x6 sont maintenant orientés verticalement, ce qui n’était pas le cas avec le 4990.

-          Il existe maintenant un système de pinces pour maintenir les diapositives 24x36 : enfin les diapositives ne restent plus sur la vitre quand on enlève le cache !

-          d’une manière générale, les systèmes de maintien des films sont plus robustes, que ceux de la précédente génération, voire même un peu difficiles à clipser.

-          Il existe maintenant sur chaque cache une sorte d’onglet permettant de soulever le cache sans laisser une vilaine trace de doigt sur la vitre.

-          Sous les caches se trouvent des carrés blancs dont l’utilité reste un peu mystérieuse. Il s’agit certainement un système d’alignement et de calibrage couleur.

 

Au total, le V700 arrive avec une nouvelle génération de caches porte film qui ne sont certes pas encore parfaits, mais répondent déjà à de nombreuses attentes.

 


Système de pinces pour diapositives 24x36

 


Cache 6x6 mis en place

 

L'ensemble logiciel

Le V700 est livré comme d’habitude avec un ensemble logiciel appelé Epson Creativity Suite qui se compose de modules articulés autour d’une interface commune, Epson file Manager.

L’installation des pilotes et des logiciels ne pose aucun problème (sous Windows XP SP2) et ne nécessite pas d’enlever d’anciennes versions préinstallées (l’installateur demande s’il doit mettre à jour). Bien entendu il faut installer le logiciel avant de raccorder le scanner à l’ordinateur. Noter que les pilotes des versions 4870 et 4990 peuvent coexister avec ceux du V700, le logiciel demandant alors à chaque démarrage quel scanner on va utiliser en présentant une liste.

L’installation standard met en place les profils ICC de gestion des couleurs suivant : AdobeRGB1998.icc, AppleRGB.icc, ColorMatchRGB.icc. Egalement un module spécial, appelé EasyPrint est installé. Appelé par certaines applications, il permet de préparer une impression avec aperçu et de gérer une imposition particulière des documents, sans devoir passer par le pilote de l’imprimante.

Epson File Manager semble avoir fait l’objet d’améliorations diverses et devient au fil des versions un véritable gestionnaire de collections d’images avec des possibilités de classement, annotations, traitements de base comme la rotation ou le recadrage simple. Depuis File Manager, vous pouvez envoyer un email avec une image jointe, effectuer une « photocopie », ou envoyer un fax si vous possédez un modem. On peut également produire un document PDF-Acrobat à partir d’une numérisation de document (mais attention, le document n’est évidemment  pas vectorisé, il s’agit simplement d’une image bitmap insérée dans un document PDF).

Nous ne nous étendrons pas sur cet ensemble logiciel qui pourra rendre service à chacun selon ses besoins : vous trouverez tous les détails sur le site www.epson.fr, rubrique support technique.

Epson Scan arrive avec le V700 dans sa version 2.80F (une version mise à jour 2.80b F est disponible sur le site www.epson.fr).

Si vous avez l’habitude d’utiliser ce programme avec un scanner Epson récent, vous ne serez pas dépaysé : les menus sont identiques aux versions précédentes, avec toujours les 3 modes : automatique, loisirs et professionnel.

L’interface du mode professionnel recèle quelques nouveautés :

- une nouvelle palette de réglage (bouton en forme de nuancier hexagonal) qui permet de corriger une dominante couleur. La position centrale indique l’état actuel de la photo. En cliquant dans le damier, on peut modifier la balance des couleurs de manière interactive avec contrôle du résultat sur l’image de prévisualisation.

- le choix entre deux mode pour le système ICE : ICE (de qualité optimale) et ICE Lite (plus rapide mais moins efficace).

 


Palette nuancier couleur

 


Interface d’Epson Scan v2.80F

 


Panneau configuration

 


Panneau configuration

 

 

La combinaison de l’utilisation du système ICE et du dépoussiérage n’est pas toujours possible. De même ICE n’est pas utilisable avec tout support, et nécessite des ressources matérielles PC assez musclées. Les tableaux suivants résument les utilisations possibles.
 

Utilisation des systèmes de dépoussiérage (source : documentation Epson) :

 

Original Dépoussiérage DIGITAL ICE Technology DIGITAL ICE Lite Technology
Photographie (opaque) Non Oui Non
Film négatif couleur Oui Oui Oui
Diapositives ou film positif couleur Oui Oui * Oui
Film négatif monochrome Oui Non ** Non
Diapositives ou film positif monochrome Oui Non Non

*  Les films Kodachrome ne sont pas pris en charge.
** Seuls les films négatifs monochromes chromogènes sont pris en charge.

Recommandations système pour l’utilisation du système ICE (source : documentation Epson) :

Original Résolution * Espace libre requis sur le disque dur Mémoire du système
4 × 6 pouces (102 × 152 mm) 600 ppp 157 Mo 185 Mo
4 800 ppp 626 Mo 370 Mo
Photographie au format A4 (210 × 287 mm) 600 ppp 631 Mo 255 Mo
4 800 ppp 252 Mo 510 Mo
Diapositive ou film de 35 mm 150 ppp 1 Mo 8 Mo
300 ppp 1 Mo 15 Mo
600 ppp 4 Mo 30 Mo
1 200 ppp 16 Mo 59 Mo
2 400 ppp 63 Mo 117 Mo
3 600 ppp 142 Mo 175 Mo
12 800 ppp 251 Mo 233 Mo
Film de format moyen
(6 × 20 cm)
150 ppp 4 Mo 34 Mo
300 ppp 8 Mo 70 Mo
600 ppp 29 Mo 139 Mo
1 200 ppp 116 Mo 277 Mo
2 400 ppp 464 Mo 553 Mo
3 600 ppp 1 042 Mo 830 Mo
12 800 ppp 1 853 Mo 1 106 Mo
4 × 5 pouces 150 ppp 4 Mo 36 Mo
300 ppp 13 Mo 72 Mo
600 ppp 51 Mo 144 Mo
1 200 ppp 202 Mo 287 Mo
2 400 ppp 805 Mo 573 Mo
3 600 ppp 1 811 Mo 859 Mo
12 800 ppp 3 219 Mo 1 145 Mo

*  Il s'agit de la résolution de numérisation utilisée par DIGITAL ICE Technology. Cette résolution est plus élevée que la résolution de numérisation définie dans EPSON Scan. Assurez-vous que les ressources de votre système répondent à ces exigences plus importantes.

Le V700 est livré avec Photoshop Elements V3 (et non V4, désolé) et Silverfast en version 6 SE (pas le version SE Plus, hélas, donc pas de multiscan intégré). L’utilisation de Silverfast Ai, AiStudio ou HDR nécessite une mise à jour par rapport à la version 4990 qui ne fonctionne pas telle quelle (coût non négligeable). Le logiciel EpsonScan est annoncé compatible avec Windows XP version 64 bits.

Dernier détail, lorsqu’on passe du mode document opaque à transparent, on entend clairement le bruit de passage d’une optique à l’autre. Il semble donc que pour passer d’un mode à l’autre des pièces se déplacent dans l’appareil.

Tests de numérisation

Nous avons réalisé les mêmes tests que lors du précédent article comparatifs. Nous nous contenterons de mettre ici en vis-à-vis les résultats obtenus entre le 4990 et le V700.

Pour toutes les numérisations, j’ai utilisé Epson Scan en mode par défaut : autoexposition, filtre Sharpen Mask moyen, ICE désactivé, pas de réduction de grain, pas de calibration ICC.

 

Première numérisation

Cette fois encore je n’ai pas résisté à l’attrait des hautes résolutions. J’ai essayé la numérisation à 6400 dpi sur une diapositive 6x6.

Quel est l’intérêt d’une telle résolution ? Certainement la possibilité d’extraire du support film la quintessence des détails enfouis dans la gélatine, au double de sa capacité intrinsèque à enregistrer un signal (comme le recommande le théorème de Shannon). Mais cette fois, c’est certain, on a atteint une limite au-delà de laquelle il ne sera plus utile d’aller, à moins que les supports argentiques ne s’améliorent (ce qui est possible mais sûrement pas dans l’air du temps). L’argument de la possibilité de recadrage d’une image 24x36 ne tient pas : quand il n’y a plus rien à extraire, le meilleur scanner du monde ne peut rien inventer.

Ce qui est vrai, c’est qu’on obtient à 6400 dpi des numérisations avec un très beau modelé, mais pas avec un meilleur piqué. Et sur ce point, malheureusement très subjectif, je trouve que le V700 fait un pas en avant significatif. Les numérisations sont très belles, peu bruitées dans les ombres, bien équilibrées dans les couleurs, avec des dégradés subtils et d’aspect continu, une dynamique flatteuse, un contraste local tranché. Manifestement il y a une amélioration de la DMax par rapport au 4990. C’est l’image numérisée à partir de film 120 la plus satisfaisante qui m’ai été donné de voir jusqu’ici avec un matériel de cette gamme de prix.

J’ai utilisé à nouveau l’image « True Crime » (6x6 Provia 400F) du précédent article pour effectuer les tests.

 


True Crime. 01/04 – New-York – © Pierre MOVILA
numérisation V700

 


Repérage des détails agrandis

 


Zone de haute lumière – V700 / scan à 6400 dpi ramené à 4800 dpi, 48 bits, sans ICE.

 


Zone de basse lumière – V700 - scan à 6400 dpi ramené à 4800 dpi, 48 bits, sans ICE.

 


Zone de détail –  V700 - scan à 6400 dpi ramené  à 4880dpi, 48 bits,
sans ICE.

Test comparatifs avec le 4990

J’ai comparé le 4990 avec le V700 en mettant cote à cote les images ramenées à 3200dpi chacune. Le gain en netteté perceptuelle et contraste est évident. La Dmax atteinte est supérieure (on récupère indubitablement des détails dans les zones sombres), bien que les deux modèles annoncent une Dmax identique : 4.0.

 

 
4990 à gauche et V700 à droite

 
4990 à gauche et V700 à droite


4990 à gauche et V700 à droite

Tests de mire

Tests de mires

J’ai réalisé une mire sous Illustrator, tirée par une flasheuse sur un film transparent.Cette mire donne des traits de contraste local très précis et une forte densité de noirs.

Trame horizontale et verticale : 1 trait fin  = 160eme inch


Trame horizontale, 4990 à gauche, V700 à droite

 


Trame verticale, 4990 à gauche, V700 à droite

 


1 trait = 1/320eme de cm de large, espace entre traits de même largeur
A gauche 4990, à droite V700

On constate moins de moirage et d’effets de bords, et ainsi une meilleure perception de netteté.

Voici très agrandie, l’image renvoyée par le scanner d’un trait horizontal noir de 0.04pt  (transparent avec trait Postcript de 0.05pt tiré sur une flasheuse Agfa de linéature 200, équivalent 2450 dpi) :

 


4990 à gauche, V700 à droite

 

La moindre présence de moirage est évidente, sûrement une conséquence du meilleur pouvoir séparateur de l’optique dédiée. Les irrégularités sont probablement la conséquence de l’avancement pas à pas du micromoteur de transport du capteur, combiné à la trame d’impression par la flasheuse.

Bruit de fond

Comme dans le précédent article, nous avons numérisé et fortement agrandi une zone de noir dense sur une diapositive :

 


A gauche 4990 à 4800 dpi, à droite V700 à 6400 dpi

 

Le bruit y est mieux défini (résolution supérieure) et faible dans les deux cas.

Vitesse de numérisation

Comme précédemment, nous avons réalisé des tests de vitesse de numérisation dans différentes circonstances, comparées au 4990. Voici les résultats obtenus :

 

Mode de numérisation

Epson 4990

Epson V700

24x36 1200 dpi sans ICE

42 sec

29 sec

24x36 2400 dpi sans ICE

58 sec

58 sec

24x36 4800 dpi sans ICE

1 min 20 sec

1 min 45 sec

24x36 6400 dpi sans ICE

Non disponible

2 min 52 sec

24x36 6400 dpi ICE

Non disponible

9 min 38 sec

24x36 6400 dpi ICE Lite

Non disponible

6 min 1 sec

On constate des temps équivalents de numérisation, donc pas de progrès en ce sens entre le 4990 et le V700 (configuration matérielle utilisée pour le test identique à celle du précédent article).

Système ICE

Le système ICE antipoussière est intégré dans le V700 selon deux modalités : la version normale (haute qualité) et la version Lite (rapide). Nos tests ont montré que ICE Lite fait gagner de l’ordre de 30% du temps de numérisation par rapport à ICE. Pour ce qui est de la qualité, force est de constater que les deux méthodes sont de qualité très proche. ICE Lite semble laisser des traces plus nombreuses, sous forme d’artéfacts discrets.

 

 


De gauche à droite : sans ICE, ICE, ICE Lite

Il reste que dans certains cas, le système ICE, très pratique et efficace dans la plupart des cas, est trompé, notamment dans les zones de fort contraste ou de transition de couleur, sur des aplats. Il convient donc de ne pas oublier de contrôler une image corrigée par ICE pour vérifier qu’il n’existe pas d’artefact (ce qui reste de toutes façons plus facile et court à corriger que le dépoussiérage point à point !)


De gauche à droite : sans ICE, ICE, ICE Lite

 

   

 

Rendu couleur

Tout comme le 4990, le V700 donne un excellent rendu couleur. Voici une mire IT8 numérisée avec ce scanner :

 

 

On constate que l’on perçoit sur la palette des gris des différence entre les zones 20 et 21, voire 21 et 22 (invisible ici mais bel et bien perceptible sur le fichier non compressé). Les rendus des tons chair sont excellents. La définition est meilleure qu’avec le 4990, comme le montre l’agrandissement ci-dessous.

 


A gauche V700, à droite 4990

 


Histogramme de la mire IT8 numérisée avec le V700

Autres tests

Nous avons réalisé des numérisations de négatifs couleur et noir et blanc. Les résultats obtenus sont équivalents à ceux que nous avons déjà montré dans l’article sur 4990, nous ne les reproduisons donc pas ici. Sachez simplement, qu’encore une fois c’est sur le plan de netteté perceptive que le progrès est le plus évident.

En conclusion

Le scanner V700 inaugure, dans l’esprit d’Epson tout au moins, une nouvelle ère de scanners à plat destiné au grand public averti ou au professionnel. La véritable nouveauté réside au niveau du système à double optique qui apporte de toute évidence une meilleure définition des numérisations obtenues. L’argument de 6400 dpi n’est à mon avis qu’un indicateur des possibilités extrêmes de l’appareil qui rassure surtout sur la qualité des numérisations réalisées à des résolutions plus utiles.

Le V700 est le scanner à plat de la gamme Epson (et même d’autres marques) qui donne les meilleurs résultats qui nous ont été donnés de voir jusqu’ici dans la numérisation de films. C’est sans doute le scanner idéal pour les petites agences de publicité, petits imprimeurs, studios graphiques, et photographes professionnels qui ont un budget limité pour acquérir ce genre de matériel.

La qualité des numérisations obtenues en 24x36 est maintenant équivalente (à mon avis) avec celle obtenue avec des scanners dédiés film comme ceux de la gamme Nikon, à la restriction près de devoir réaliser le focus par le biais des inévitables petits patins en plastique. Et dans les formats supérieurs, du 6x6 au 8’’x10’’, on n’est pas loin du scanner idéal pour les petites structures ou l’amateur exigeant. La Dmax de 4, déjà annoncée mais un peu surestimée avec le 4990, semble cette fois réelle.

Les nouveaux caches de support film sont aussi une innovation non négligeable qui conditionne en grande partie la qualité des numérisations. Ce ne sont que des morceaux de plastique, mais ils peuvent justifier à eux seuls le choix du V700 au moment de l’achat.

Est-ce le modèle parfait pour autant ? Non, et nous sommes encore en droit d’attendre des améliorations de la part d’Epson :

-          un système autofocus, ou au moins un réglage du focus par une molette

-          un système sans vitre pour la numérisation des films (un tiroir dédié par exemple)

-          une amélioration des performances en durée de numérisation avec le système ICE

-          un format A3 pour numériser en une fois toute une pellicule 24x36 36 poses, ou tout un film 102.

-          La numérisation multipasse dans EpsonScan et la possibilité d’acquérir en JPEG2000.

-          Et bien sûr une DMax à 5 et 12000 dpi (humour) !

Le V750

Chose inhabituelle chez Epson, dès l’annonce de la sortie du V700, le V750 a été présenté en complément de gamme. Leur mise à disposition devrait être  séparée seulement de quelques semaines. A l’heure où j’écris cet article, le V750 n’est pas disponible en France et annoncé pour fin Mai 2006 (compter plutôt juin…).

Le V750 sera, a priori, en tous points similaire au V700, à trois différences près : 

-          une optique CCD traitée multicouche à faible dispersion, et un nouveau miroir à haute réflexion

-          une offre logicielle plus solide : Silverfast Ai v6 en standard, le système de calibration couleur Monaco EZ Color (sans sonde)

-          un système de montage à l’huile pour la numérisation des négatifs noir et blanc rayés ou piqués

 

Il semble que le système de montage à l’huile sera disponible en option dans quelques mois, et donc accessible au V700 à terme. Il est possible aussi que des kits similaires compatibles apparaissent sur le marché.

Mes conseils

1) vous n’avez pas de scanner, et vous disposez du budget : achetez le V700, sauf si vous pratiquez beaucoup le noir et blanc grand et moyen format (dans ce cas attendez la sortie du V750). C’est probablement le meilleur rapport qualité-prix actuel

2) vous avez un 4990 : c’est un excellent scanner, et la différence avec le V700 ne sera visible que si vous êtes très exigeant, et pratiquez beaucoup le 24x36. Attendez le V800 (dans 1 an ?)

3) vous avez un scanner Epson antérieur au 4990 : si vous souhaitez accéder à des rapports d’agrandissement plus grands, ou si vous n’êtes pas satisfait de la qualité de numérisation en 24x36, le V700 est à envisager.

4) vous faites exclusivement du noir et blanc moyen et grand format : attendez la sortie du V750 si les rayures et les poussières vous exaspèrent, sinon un 4990 suffit.

5) vous ne faites que du grand format couleur : achetez un 4990 d’occasion, sauf si vous faites des tirages de 2mx3m, dans ce cas achetez un V700 !

6)     vous êtes très exigeant, et pratiquez beaucoup le 24x36 : achetez un scanner dédié film haut de gamme ou attendez la sortie du V750. Ceci dit, si vous êtes vraiment très exigeant, achetez un boîtier moyen format ou une chambre, voire un numérique haut de gamme !

7) vous êtes très très exigeant et que le budget n’est pas un problème : achetez un dos numérique haute résolution, ou un scanner Imacon !

 

Et n’oubliez pas aussi de vous équiper avec une excellent imprimante, car si vous scannez un 6x6 à 6400dpi (fichier de 600Mo tout de même), cela ne sert à rien si vous imprimez avec une imprimante bas de gamme…

 

 

Ces scanners sont en vente
sur la boutique du site

 

     

 

tous les textes sont publiés sous l'entière responsabilité de leurs auteurs
pour toute remarque concernant les articles, merci de contacter henri.peyre@(ntispam)phonem.fr

une réalisation phonem

nouveautés
galerie
technique
matériel
stages
adresses
librairie
boutique amazon
magasin arca-swiss 

plan
forum
liens
contact
radio-labo

abonnement gratuit
recherche sur le site
(chargement lent en première utilisation - veuillez patienter)