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l'auteur
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Argentique ou Numérique ?1/ Place du numérique par rapport à l’argentique vis à vis de la haute résolutionIl n’est pas aujourd’hui possible de prendre des photographies numériques en haute résolution de façon satisfaisante, hors le studio. Il existe des appareils de prise de vue numérique haute résolution pour le studio mais la vitesse d’acquisition est très lente et il faut qu’ils disposent à leur côté de l’ordinateur où ils déversent le flot continu de leurs données. Encore faut-il que les natures photographiées soient absolument mortes au regard des temps d’acquisition de l’image qui sont très longs. Ainsi réaliser un portrait numérique de très haute résolution tient encore de la gageure. Il faut accepter également l’abominable câble qui relie le système d’acquisition à l’ordinateur. Ce cordon ombilical gêne la liberté de mouvement lors de la prise de vue, et interdit toute prise de vue en extérieur. La meilleure façon d’acquérir des clichés de haute résolution en numérique est encore pour l’instant de combiner la photographie argentique normale en prise de vue à une acquisition scanner. L’idéal est de réaliser ces prises de vue sur une pellicule négatif papier qui offre le champ de contraste le plus étendu, et de scanner le négatif obtenu sur un scanner à transparent de bonne qualité. Si on suit ce procédé, on tombe sur un inconvénient au moment du passage du négatif au scanner : l’accumulation prévisible de poussières sur le scan, qui obligera à réaliser de fastidieuses retouches avec des outils numériques (comme le Tampon présent dans le logiciel Photoshop d’Adobe). Une fois le négatif scanné et débarrassé de ses poussières, on peut rectifier éventuellement les perspectives au moyen d’outils logiciels (outil Torsion sur Photoshop par exemple). Ainsi n’a-t-on plus besoin des chambres pour redresser les perspectives. Ceci peut se faire à l’écran. Mieux, on peut d’un même geste corriger à la fois les perspectives horizontales et verticales, ce qui n’est pas possible à la prise de vue à la chambre. La retouche numérique ne permet pas
par contre l’augmentation de la profondeur de champ à l’infini du principe
de Scheimpflug ! C’est un effet pur de la prise de vue, qui justifie
à lui seul, en particulier en photographie d’objet, l’emploi d’une
chambre. 2/ Un exemple de chaîne graphique haute résolutionNous présentons ici la chaîne que nous avons pour nos photographie à l’agence : Prise de vue : Passionné de photographie, nous avons commencé par une chambre 4x5’ Horseman. Nous avons fait l’expérience de la difficulté d’emploi sur le terrain : le matériel est lourd et inévitablement le poids émousse l’envie qu’on a de traîner l’appareil avec soi. Aussi, après plusieurs années de pratique obstinée nécessaire à admettre que nous nous étions trompé dans le choix du matériel, sommes-nous passé à une chambre folding Linhof Technika, beaucoup plus portable et au soufflet quasiment aussi long. La prise de vue avec cette chambre était déjà beaucoup plus agréable, et convenait bien mieux à notre vocation de paysagiste. Nous avions toutefois acquis cette chambre d’occasion avec des optiques anciennes dont la qualité parfois un peu courte nous a conduit finalement à recycler l’optique Nikon récemment acquise avec la chambre Horseman sur une planchette Linhof. Ainsi équipé, nous avons réalisé un grand nombre de photographies de paysage à la manière d’un peintre. S’installer reste quelque chose d’assez long, compliqué, mais agréable. On prend son temps, mais c’est un art de vie. La chambre fait des curieux. On discute. La visée inversée, en particulier est un inépuisable sujet de conversation. Nous considérons qu’elle est un inconvénient évident qui peut être transformé en un immense avantage : elle oblige à une extrême rigueur dans la composition des plans, des masses et des lignes. L’inversion permet de considérer l’image de façon uniquement graphique, sans souci de sa signification émotionnelle au moment de la composition. L’image redressée y gagne une force surprenante ! Le paysage en voyage, particulièrement s’il est organisé ou familial nous a toutefois contraint à admettre que la Linhof était encore trop lourde pour le tourisme. Nous sommes donc passés à un Hasselblad FA qui présentait l’avantage d’avoir une taille plus réduite, une optique Zeiss excellente en standard, et un système de mesure de la lumière intégré qui nous permettait d’éviter la cérémonie de la cellule à main. Les pellicules pouvaient alors également être traitées à la Fnac, proche de notre lieu de résidence. (Les planches 4x5 nécessitaient toutes une préparation qui font partie du plaisir, comme le chargement dans un manchon par exemple, mais qui ajoutent des risques d’insolation accidentelle, de la part du photographe mais aussi du labo. Les deux dangers les plus importants en 4x5 sont certainement la deuxième exposition par défaut d'attention à la prise de vue et le coup de griffe d'une pince mal manipulée au développement). En définitive, nous sommes aujourd’hui dans une situation où nous sommes ravis d’avoir les chambres pour les photographies d’objets, les photographies rapprochées (macro) ou les photographies pour des clients ayant besoin de photographies géante de haute qualité pour affichage de grande surface (sur sucettes urbaines ou panneaux d’abribus par exemple). Par contre, en pratique courante, nous nous servons quasi exclusivement de l’Hasselblad. Après la prise de vue et le développement en labo standard ou professionnel, nous scannons les images sur un scanner à transparent Imacon Flextight Photo. Ce matériel récent qui vaut la bagatelle de 50000 F HT donne des résultats d’une qualité incroyable. Nous avons eu quelques ennuis au début avec les planches supportant les films dont le cache se décollait et se tordait. Le service après-vente a été impeccable. Le scanner est reparti pour le Danemark et est revenu dans la semaine, avec de nouveaux caches. Depuis, tout à l’air de bien marcher. Pour les tirages nous faisons appel
au procédé d’impression numérique de Fuji (environ 4,6 € le tirage 21x29,7
sur papier photo) qui existe depuis 1999. Le résultat : des clichés
d’une qualité incroyable, sur papier photographique, avec donc une
conservation probable de plusieurs dizaines d’années ! Les clichés
obtenus sont littéralement fascinants. Rien à voir avec les tirages sur
imprimante numérique ! Seul souci : l’impression parfois
justifiée que notre inspiration n’est pas à la hauteur de toute cette
technologie ! Octobre 2001 - Evolution de notre
pratique photographique... Courrier d'un lecteur (E.B.Vaudon,
le 9 août 2003)
dernière modification de cet article : 2003
Addendum : commentaire de Guillaume
Peronne Je voudrais apporter un commentaire à l'article "argentique
ou numérique" : Je m'explique : Pour conclure, je dirais que compter sur l'outil numérique
revient dans ce cas à avancer en aveugle car rien ne garantit le fait
de retrouver en post-production une représentation satisfaisante. La
question de la perspective est à régler sur le terrain, il y a bien
assez de choses à faire devant son écran pour finaliser une image sans
qu'il soit besoin d'ajouter un travail au résultat incertain. La
chambre, comme machine à fabriquer de la perspective, est ici irremplaçable. |
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